Date : 2026
Type : Livre / Book
Type : Thèse / ThesisLangue / Language : français / French
Résumé / Abstract : INTRODUCTION : Le cancer du sein est le premier cancer féminin en France. Le dépistage organisé par mammographie concerne les femmes de 50 à 74 ans sans facteur de risque particulier. Au-delà de cet âge, l’absence de recommandations interroge les pratiques médicales. Cette étude avait pour objectif de décrire les pratiques des médecins généralistes de la région Grand Est concernant le dépistage après 74 ans, ainsi que d’identifier les facteurs influençant leur décision de proposer ou non une mammographie. MATÉRIELS ET MÉTHODES : Nous avons réalisé une étude observationnelle, transversale à visée descriptive dans la région Grand Est entre le 28 mars 2025 et le 04 septembre 2025. La population cible était constituée de médecins généralistes thésés (installés ou remplaçants) exerçant dans la région Grand Est. Le questionnaire a été diffusé par courrier électronique à partir de mailing-listes (URPS, conseil de l’Ordre). RÉSULTATS : Parmi 90 médecins généralistes inclus, 78,2 % poursuivaient le dépistage par mammographie après 74 ans, dont 25,3 % systématiquement et 52,9 % selon certains critères. La majorité recommandait un dépistage biennal (81,8 %) et sans limite d’âge (75 %). Aucune association significative n’a été observée entre la poursuite du dépistage et les caractéristiques des médecins. DISCUSSION : La participation au dépistage organisé du cancer du sein reste insuffisante, en raison notamment du sentiment de bonne santé, de la peur du diagnostic, du manque d’information ou de la douleur liée à l’examen. La majorité des médecins continue de proposer des mammographies après 74 ans, souvent de manière individualisée selon l’état de santé et l’espérance de vie, malgré une balance bénéfices/risques incertaine (surdiagnostic, faux positifs, traitements inadaptés). L’arrêt du dépistage organisé après 74 ans s’explique principalement par le manque de preuves scientifiques sur son efficacité et son coût chez les femmes âgées. CONCLUSION : En l’absence de consensus et au vu des données scientifiques actuelles, la décision de poursuivre le dépistage doit être individualisée en fonction de la situation clinique de chaque patiente. Elle repose sur une décision médicale partagée entre le médecin et la patiente, cette dernière devant être clairement informée de l’arrêt du dépistage organisé ainsi que des bénéfices et des risques associés à la poursuite du dépistage par mammographie.