Résilience de l'État : le modèle néolibéral hybride de l'État en France à l'épreuve des crises / Bastian Dufilhol ; sous la direction de Christophe Pajon

Date :

Type : Livre / Book

Type : Thèse / Thesis

Langue / Language : français / French

Politique publique -- France -- 1990-2020

Intérêt général -- France -- 1990-2020

Libéralisme économique -- France -- 1990-2020

Politique et gouvernement -- France -- 1990-2020

Pajon, Christophe (1972-....) (Directeur de thèse / thesis advisor)

Talby, Mossadek (1958-....) (Président du jury de soutenance / praeses)

Augé, Axel Éric (1972-....) (Rapporteur de la thèse / thesis reporter)

Zajec, Olivier (Rapporteur de la thèse / thesis reporter)

Bout Vallot, Ludivine (19..-....) (Membre du jury / opponent)

Gasparini, Éric (1963-....) (Membre du jury / opponent)

Aix-Marseille Université (2012-....) (Organisme de soutenance / degree-grantor)

École Doctorale Sciences Juridiques et Politiques (Aix-en-Provence) (Ecole doctorale associée à la thèse / doctoral school)

Résumé / Abstract : Nous sommes entrés dans une ère de turbulences où tout est interdépendant. Sous l’effet d’une double révolution de l’information, ce qui n’était pas crise hier l’est aujourd’hui, évolution paradigmatique appelant à considérer la crise comme l’état normal et la normalité l’exception. Le référentiel global, porteur de cohérence dans l’action de l’État, est remis en cause, alors que les principaux problèmes ne relèvent plus de logiques sectorielles. Depuis les années 1990, les politiques publiques néolibérales ont transformé l’État, devenu davantage intégrateur que propriétaire de moyens. Alors que les préoccupations de l’individu, « usager » et « client », sont devenues la priorité, nous avons eu tendance à négliger l’intérêt collectif, pourtant porteur de garanties de résilience. Les paradoxes du citoyen français et la fragmentation de l’appareil d’État permettent d’identifier des points saillants dans la crise où la mobilisation des ressources et la désectorisation devraient s’imposer mais où l’État semble en difficulté. L’État est ainsi plongé dans un tempo où l’immédiateté s’est imposée comme un dogme sociétal, alors qu’il serait nécessaire de s’en affranchir et libérer l’initiative locale semblant seule capable de faire face à la complexité. La résilience de l’État pourrait alors se définir comme la combinaison d’une variable statique, la masse (logiques de moyens) et d’une variable dynamique, l’organisation (logiques de mutation). Inspirée par trois principes (entretenir la confiance, conserver l’initiative et responsabiliser les décideurs), une politique de résilience pourrait signifier le retour de l’État stratège, capable d’absorber la crise, nouvelle normalité

Résumé / Abstract : We have entered an era of turbulence where everything is interdependent. Under the effect of a double information revolution, what was not a crisis yesterday is one today, that calls for a paradigm shift and for crisis to be considered the normal condition, and normality the exception. The global frame of reference, which was the only way to ensure consistency in State action, is now being called into question, while the key issues are no longer based on a sectoral approach. Since the 1990s, neoliberal public policies have transformed the State, which has become more of an integrator than an owner of resources. While the concerns of the individual, both “user” and “client”, have become the priority, we have tended to neglect the collective interest, a guarantee of resilience. The paradoxes of the French citizen and the fragmentation of the State apparatus make it possible to identify salient points in the crisis in which the mobilisation of resources and de-sectorisation should be imposed, but in which the State seems to be in difficulty. The State is thus immersed in a time frame where immediacy has become a societal dogma, whereas it would be necessary to free itself from it and to free local initiative, which seems to be the only one capable of dealing with complexity. So, the State’s resilience could be defined as the combination of a static variable mass (means) and a dynamic variable, organization (to change). Inspired by three principles (maintaining confidence, preserving initiative and making decision-makers accountable), a policy of resilience could mean the beginnings of a return of the strategist State, capable of absorbing the crisis, as the new normality