Don du sang, cultures, société et santé au Burkina Faso : représentations, motivations et pratiques des population du don de sang dans la commune de Ouahigouya (Nord du Burkina Faso) / Nabonswindé Sawadogo ; sous la direction de Philippe Combessie et de Anne Vega

Date :

Type : Livre / Book

Type : Thèse / Thesis

Langue / Language : français / French

Dons du sang -- Aspect social -- Burkina Faso -- Ouahigouya (Burkina Faso)

Dons du sang -- Aspect religieux -- Burkina Faso -- Ouahigouya (Burkina Faso)

Santé publique -- Aspect social -- Burkina Faso -- Ouahigouya (Burkina Faso)

Dons du sang -- Dans les représentations sociales

Classification Dewey : 362.178 4

Combessie, Philippe (Directeur de thèse / thesis advisor)

Vega, Anne (Directeur de thèse / thesis advisor)

Ouedraogo, Jean-Bernard (1958-....) (Président du jury de soutenance / praeses)

Duchesne, Véronique (1963-....) (Rapporteur de la thèse / thesis reporter)

Timera, Mahamet (19..-....) (Membre du jury / opponent)

Université Paris Nanterre (Organisme de soutenance / degree-grantor)

École doctorale Économie, organisations, société (Nanterre) (Ecole doctorale associée à la thèse / doctoral school)

Laboratoire de sociologie, philosophie et anthropologie politiques (Nanterre ; 2004_...) (Laboratoire associé à la thèse / thesis associated laboratory)

Résumé / Abstract : Cette thèse porte sur les représentations et les pratiques du don de sang dans la commune de Ouahigouya (située au nord du Burkina Faso). Elle vise à mieux comprendre les motivations et les barrières auxquelles les personnes se trouvent confrontées dans le don de sang. En effet, nous avions constaté en 2014 que les populations de la commune de Ouahigouya n’adhéraient pas suffisamment au don de sang volontaire, anonyme et gratuit recommandé par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et promu par les institutions sanitaires. En 2017, les donneurs bénévoles représentaient 1,78 %. Ce manque d’engouement de leur part fait que le sang n’est pas disponible en temps voulu et occasionne des décès, notamment, chez des groupes vulnérables (femmes et enfants) qui pourtant, sont facteurs de changement social. Partant, il était donc important de réaliser l’état de la littérature, duquel il est ressorti que, le sang est associé en Afrique, symboliquement, à des appartenances culturelles au sein desquelles on ne le donne pas à « un inconnu » (Godbout & Caillé, 2010), mais aussi à des divisions sociales renvoyant à une « inégalité des sangs » (Cros, 1990, p. 10). Or, le refus du don est l’équivalent d’un refus de lien social (Mauss, 1924), renvoyant aux notions de différenciation, voire de rejet de l’étranger, de l’autre (Altérité). Pour répondre à la question de recherche, l’approche de la théorie ancrée (Glaser et al., 1967) et un travail ethnographique de terrain ont été adoptés. Au total, un échantillon hétérogène et diversifié de cinquante-cinq (55) personnes ont été interviewées. Des observations ont été également réalisées au Centre Hospitalier Universitaire Régional (CHUR) et au Dépôt Préleveur et Distributeur des Produits Sanguins (DPD /PS) de Ouahigouya. Les résultats de l’enquête et des observations permettent de mieux comprendre les motivations et les barrières liées au don de sang. Ils éclairent de nouveaux facteurs intriqués défavorables au don de sang à savoir des barrières sociales et institutionnelles, mais aussi culturelles et émotionnelles à l’instar de : la rareté du sang à la fois précieux (à garder pour 1 un Annuaire statistique de 2017 de la transfusion sanguine du Burkina Faso, p.24. 2 D’après Hammer R., (2010). Expériences ordinaires de la médecine, Zurich-Genève, Ed. SEISMO. 2 membre de la famille) et souvent associé à la vie et à la mort ; la mauvaise qualité de l’accueil dans les hôpitaux publics et une défiance à l’égard de pratiques de commercialisation illicite du sang ; à quoi s’ajoute le constat d’une absence de formation spécifique des professionnels de santé exerçant dans les banques de sang. Quant aux motivations à donner le sang, elles oscillent entre obligations sociales (pressions sociales de la famille, effet de groupe entre les jeunes) et raisons individuelles (altruisme, plaisir de faire une bonne action et la réciprocité).

Résumé / Abstract : This thesis focuses on the representations and practices of blood donation in the commune of Ouahigouya (located in northern Burkina Faso). It aims to better understand the motivations and barriers people encounter in donating blood. In fact, in 2014 we observed that the populations of Ouahigouya commune did not sufficiently adhere to voluntary, anonymous and free blood donation recommended by the World Health Organization (WHO) and promoted by health institutions. In 2017, volunteer donors represented 1.78%. Anything that prevents blood from being available on time and resulting in death, in particular, among vulnerable groups (women and children) who, however, are factors of social change. Therefore, it was important to realize the state of literature, from which it emerged that, in Africa, blood is symbolically associated with cultural affiliations within which it is not given to "an unknown" (Godbout & Caillé, 2010), but also to social divisions referring to an “inequality of blood” (Cros, 1990, p. 10). However, the refusal of the gift is the equivalent of a refusal of social bond (Mauss, 1924). referring to the notions of differentiation, even of rejection of the foreigner, of the other (Alterity). research, the grounded theory approach (Glaser et al., 1967) and ethnographic fieldwork were adopted. In total, a heterogeneous and diversified sample of fifty-five (55) respondents were interviewed. Observations were also carried out at the Regional University Hospital Center (RUHC) and at the Blood Products Collection and Distributor Depot (BPC / DD) in Ouahigouya. The results of the survey and observations provide a better understanding of the motivations and barriers associated with donating blood. They shed light on new entangled factors unfavorable to blood donation, namely social and institutional barriers, but also cultural and emotional barriers such as: the scarcity of blood both precious (to be kept for a member of the family) and often associated with life and death; the poor quality of reception in public hospitals and mistrust of illicit blood marketing practices; to which can be added the observation of a lack of specific training for health professionals working in blood banks. As for the motivations for donating blood, they oscillate between social obligations (social pressures from the family, group effect between young people) and individual reasons (altruism, pleasure in doing a good deed and reciprocity).