Le rôle de la radio rurale dans la communication pour le développement au Mali / Adama Kodjo ; sous la direction de Bertrand Cabedoche

Date :

Type : Livre / Book

Type : Thèse / Thesis

Langue / Language : français / French

Stations de radio associatives

Communication

Changement social

Mali -- 1960-....

Classification Dewey : 791.44

Cabedoche, Bertrand (1953-....) (Directeur de thèse / thesis advisor)

Arquembourg, Jocelyne (19..-....) (Président du jury de soutenance / praeses)

Kiyindou, Alain (Rapporteur de la thèse / thesis reporter)

Damome, Étienne (1968-....) (Rapporteur de la thèse / thesis reporter)

Cartellier, Dominique (1957-....) (Membre du jury / opponent)

Traoré, Lamine (1981-....) (Membre du jury / opponent)

Université Grenoble Alpes (2020-....) (Organisme de soutenance / degree-grantor)

École doctorale langues, littératures et sciences humaines (Grenoble) (Ecole doctorale associée à la thèse / doctoral school)

Groupe de recherche sur les enjeux de la communication (Grenoble) (Laboratoire associé à la thèse / thesis associated laboratory)

Résumé / Abstract : Signifiant de par sa généalogie l’évolution, le changement ou encore la croissance, l’expression développement connaîtra la popularisation après la deuxième guerre mondiale. La lutte de positionnement incarnée par le discours du président Harry S. Truman, qui se veut protecteur des pays dits sous-développés auxquels il est proposé le transfert de fonds, de technique et de technologie pour éradiquer la pauvreté dans les territoires concernées, marquera les esprits longtemps. L’apparition des mots et expressions tels que sous-développement, croissance zéro, décroissance, écodéveloppement ou encore développement durable visent à comprendre la complexité de l’évolution du monde, à partir de l’expression développement, qui se construit et se déconstruit en fonction des paradigmes. Pour Missè Missè, « les approches utilisées tendent, toutes, à faire du "développement" un simple synonyme d’expressions comme la "modernisation", la "croissance", le "progrès", "l’industrialisation", termes par ailleurs jamais définis. » Pour cet auteur, le terme développement apparaît telle une idéologie complexe. « Lorsque par contre l’on revendique une définition de ce mot, les experts, depuis Alfred Sauvy, restent très embarrassés et ambigus. Ils tentent alors de répondre par des formules qui expriment tantôt ce que le "développement" n’est pas comme le "sous-développement", tantôt un groupe de pays du "Tiers-monde ", "en voie de développement", peu, moins ou non industrialisés et depuis peu, "pauvres". » Critiquée ou rejetée, l’idéologie moderniste se donne un second souffle lorsqu’elle convoque la communication comme un outil puissant pouvant combler les manques auxquels correspondent les changements de vocabulaire. Puisqu’il s’agit de mettre la communication en contribution pour atteindre les objectifs du développement, les médias sont appelés à jouer un rôle prépondérant. Avec ce nouvel élan d’espoir porté sur les médias d’une manière générale et la radio en particulier pour le changement social, la promesse de développement pour les pays d’Afrique francophone semble être renouvelée dans les discours prononcés en faveur de l’ouverture démocratique des États. Au Mali, la nouvelle promesse pour l’émancipation des peuples abouti en 1992 à un régime démocratique. Cette ouverture démocratique a permis la prolifération des radios. Aujourd’hui, le pays compte plus de 300 radios émettant avec l’autorisation de la Haute autorité de la communication (HAC), pour une vingtaine de million d’habitants. Favorablement accueillie par les populations en soif de promesse démocratique, qui aboutirait à l’amélioration de leur cadre de vie, cette prolifération des médias s’est vite confrontée à la problématique de l’impréparation des animateurs et au questionnement de la volonté réelle des pouvoirs publics d’accorder aux acteurs une autonomie de gestion du secteur par l’autorégulation. Suite aux nombreux manquements constatés sur ce terrain et après des décennies de fonctionnement et d’expérimentations, l’heure est au questionnement du rôle que pourraient jouer les radios, surtout en milieu rural, pour un changement profitable aux populations dans un paysage où les règles sont mal définies et leur application semble prendre du plomb dans l’aile. Pour autant, la recherche en sciences de l’information et de la communication nous prévient contre tout déterminisme technologique, lequel, en l’occurrence, érigerait la radio comme facteur, en soi, du changement social. De fait, l’utilité des techniques ou dispositifs de communication dépend de leur appropriation par les communautés que ces dispositifs sont censés représentés. Nos études quantitatives de terrain nous ont permis de comprendre la question d’appropriation des émissions radiophoniques par les communautés rurales.

Résumé / Abstract : RésuméMeaning by its genealogy evolution, change or even growth, the expression development will know the popularization after the Second World War. The positioning struggle embodied by the speech of President Harry S. Truman, who wants to protect the so-called underdeveloped countries to which the transfer of funds, technique and technology is proposed to eradicate poverty in the territories concerned, will mark the long spirits. The appearance of words and expressions such as underdevelopment, zero growth, degrowth, ecodevelopment or even sustainable development aim to understand the complexity of the evolution of the world, from the expression development, which is built and deconstructed in function of paradigms. For Missè Missè, “the approaches used all tend to make development a simple synonym of expressions such as modernization, growth, progress, industrialization, terms which are otherwise never defined. For this author, the term development appears like a complex ideology. When, on the other hand, a definition of this word is claimed, experts, since Alfred Sauvy, remain very embarrassed and ambiguous. They then try to respond with formulas which some-times express what development is not like underdevelopment, sometimes a group of Third World countries, developing, little, less or not industrialized and more recently poor". Criticized or rejected, modernist ideology breathes new life into it when it calls upon communication as a powerful tool that can fill the gaps to which changes in vocabulary correspond. Since it is about harnessing communication to achieve development goals, the media are called upon to play a leading role. With this new burst of hope brought to the media in general and the radio in particular for social change, the promise of development for French-speaking African countries seems to be renewed in the speeches given in favor of the democratic opening of states. In Mali, the new promise for the emancipation of the peoples resulted in a democratic regime in 1992. This democratic openness has allowed the proliferation of radio stations. Today, the country has more than 300 radio stations broadcasting with the authorization of the High Authority for Communication (HAC), for some 20 million inhabitants. Favorably received by populations thirsty for a democratic promise, which would lead to the improvement of their living environment, this proliferation of the media quickly came up against the problem of the lack of preparation of the presenters and the questioning of the real will of the public authorities to grant the actors autonomy in the management of the sector through self-regulation. Following the many shortcomings observed in this field and after decades of operation and experimentation, it is time to question the role that radio stations could play, especially in rural areas, for a change that is beneficial to audiences in a landscape where the rules are poorly defined and their application seems to be gaining ground. However, research in information and communication sciences warns us against any technological determinism, which, in this case, would establish radio as a factor, in itself, of social change. In fact, the usefulness of communication techniques or devices depends on their appropriation by the communities that these devices are supposed to represent. Our quantitative field studies have enabled us to understand the question of the appropriation of radio broadcasts by rural communities.