L'erreur de Nietzsche : essai d'une interprétation juridique du ressentiment / Cyril Noblot ; préface d'Emmanuel Jeuland

Date :

Type : Livre / Book

Langue / Language : français / French

ISBN : 978-2-85002-044-5

Catalogue Worldcat

EAN : 9782850020445

Nietzsche -- Friedrich -- 1844-1900 -- Critique et interprétation

Droit -- Philosophie

Ressentiment -- Droit

Jeuland, Emmanuel (1966-....) (Préfacier, etc. / author of introd)

Collection : Les humanités du droit / Paris : IRJS Éditions , 2020-

Résumé / Abstract : La 4e de couv. indique : "Prenant le contrepied de l’interprétation nietzschéenne plutôt dépréciative du ressentiment, qui cadrait avec un certain souci de défendre les privilèges de l’aristocratie, cet essai suggère une interprétation juridique du ressentiment permettant d’en faire ressortir les aspects positifs. La démarche convie à un parcours en trois étapes. La première conduit de la définition que Spinoza donna de la haine en général au sentiment d’injustice, qui est un motif de haine particulier. La définition de l’injustice, correspondant chez Aristote à des cas de haine donnant lieu à une colère justifiée, permet, à rebours, d’identifier et de déprécier la haine qui ne répond pas à cette définition. Se dévoile ainsi déjà en filigrane le discret génie du ressentiment. La deuxième étape chemine du sentiment d’injustice au ressentiment et permet de distinguer, à partir du critère du droit, le ressentiment de l’indignation. Si l’interprétation de Nietzsche approfondissait la distinction entre le ressentiment et l’acquiescement, l’interprétation juridique conduit à souligner la distinction entre le ressentiment et l’indignation. Redéfini comme sentiment du droit et sentiment juridique d’injustice, le ressentiment fait l’objet d’une réhabilitation dans le dernier temps de cet essai qui est aussi l’occasion d’aborder les relations entre droit et politique, droit et science, justice et amour et de réfléchir aux liens entre ressentiment, indignation et droits de l’homme à l’âge démocratique. En intégrant la vision de Jhering, qui faisait de la paix le but du droit et de la lutte le moyen de l’atteindre, en cherchant à corriger « l’erreur » de Nietzsche par Nietzsche, le droit, sous le rapport de ses liaisons avec les affects, pourrait peut-être se définir comme une arme morale, sociale et politique, plongée dans les complexions de la haine, qui sépare le ressentiment de l'indignation, la domination du premier ayant pour effet de modérer ou de subjuguer la seconde.."