La Seconde Guerre mondiale dans les revues de langue d'Oc (1939-1945) / Cécile Noilhan ; sous la direction de Jean-François Courouau

Date :

Type : Livre / Book

Type : Thèse / Thesis

Langue / Language : français / French

Catalogue Worldcat

Périodiques occitans -- 1939-1945 (Guerre mondiale)

Littérature occitane -- Thèmes, motifs

Guerre mondiale (1939-1945) -- Littérature et guerre

Guerre mondiale (1939-1945) -- Dans la presse -- Occitanie

Courouau, Jean-François (1964-....) (Directeur de thèse / thesis advisor)

Casanova, Joan-Ives (1957-....) (Président du jury de soutenance / praeses)

Lemonnier-Delpy, Marie-Françoise (Rapporteur de la thèse / thesis reporter)

Martel, Philippe (1951-....) (Rapporteur de la thèse / thesis reporter)

Roumette, Julien (1966-....) (Membre du jury / opponent)

Université Toulouse-Jean Jaurès (Organisme de soutenance / degree-grantor)

École doctorale Arts, Lettres, Langues, Philosophie, Communication (Toulouse) (Ecole doctorale associée à la thèse / doctoral school)

Patrimoine, littérature, histoire (Toulouse) (Laboratoire associé à la thèse / thesis associated laboratory)

Résumé / Abstract : Le mouvement renaissantiste en faveur de la langue d’oc, amorcé depuis la fin du XIXe siècle avec, entre autres, la création en 1854 du Félibrige par Frédéric Mistral, se poursuit jusqu’au XXe siècle. Or après la mort de ce dernier, reconnu au-delà du monde des lettres d’oc – il reçoit le prix Nobel de littérature en 1907 – les défenseurs de la langue et de la culture d’oc, étouffés par le pouvoir centraliste français de la IIIe République, peinent à se faire entendre. Des distanciations entre les tenants du mistralisme et la branche « occitaniste » du mouvement commencent à éclater. Pourtant, dans les années 1930, tous s’accordent à essayer d’œuvrer ensemble, autour notamment, du Nouveau Languedoc, un groupement de la jeune génération créé à Montpellier. La Seconde Guerre mondiale ne fera qu’entériner le morcellement des défenseurs de la langue d’oc. Divisé par des questions proprement linguistiques, celle de la graphie notamment, le mouvement renaissantiste d’oc est, en 1942, morcelé un peu plus par des prises de positions politiques. Alors même qu’en 1940, la quasi-totalité des auteurs occitanographes soutiennent, ou du moins corroborent à la politique vichyste, en 1942, un vent de désillusion souffle sur le territoire de langue d’oc et certains de ses représentants n’hésitent pas à prendre des distances avec le gouvernement. Constatant la paralysie totale de la renaissance d’oc, une équipe formée autour de la Société d’Études Occitanes – Ismaël Girard, Camille Soula, René Nelli, Max Rouquette, Charles Camproux, etc. – fonde, à la Libération, l’Institut d’Études Occitanes. Les revues publiées au cours de cette période apparaissent comme un support de prédilection pour la diffusion de la langue. Généralement imprimées dans un petit format, limitant ainsi les besoins en papier et en encre restreints par la censure, les revues de langue d’oc n’adoptent aucune ligne éditoriale particulière. Si certaines sont davantage littéraires, d’autres préfèrent la publication d’articles sur l’actualité historique et politique alors que les dernières apportent à la connaissance du lecteur les événements en lien avec la culture d’oc. C’est l’ensemble de ces écrits – littéraires, politiques, historiques et culturels – qui permettent de dessiner et de saisir l’organisation du mouvement renaissantiste intimement lié au champ littéraire de langue d’oc. Cette corrélation entre la sphère politique et littéraire semble prendre le contre-pied de l’organisation de langue française dans laquelle les deux champs apparaissent dans une certaine indépendance. Cette thèse a finalement pour objet de comprendre comment la Seconde Guerre mondiale, en tant qu’événement national et international de surcroît, a-t-elle pu influencer l’écriture de langue régionale, de langue d’oc en l’occurrence. Les analyses menées permettent alors de déceler les thématiques principales abordées dans la création littéraire : discours politique, évocation de l’horreur, la question de la religion, un engagement intergénérationnel et, enfin, les récits de la Victoire.

Résumé / Abstract : The movement in favor of the rebirth of Occitan, begun in the nineteenth century with the creation of the Félibrige (1854) by Frédéric Mistral—recognized world-wide and recipient of the Nobel Prize for Literature in 1907—continued into the twentieth century. However, after Mistral’s death in 1914, defenders of Occitan language and literature, smothered by the centralizing power of the French Third Republic, struggled to be heard. There was a split into two branches: Mistralists and a “occitan” movement. However, in the 1930’s, both groups tried to work together, notably with Nouveau Languedoc, a group of younger individuals based in Montpellier. The Second World War confirmed the divisions among defenders of Occitan. Divided by linguistic questions, notably that of orthography, the movement was, in 1942, further divided by political positions. Whereas in 1940, almost all authors writing in Occitan supported or corroborated the politics of Vichy, in 1942, there was a sense of disillusion in the Occitan-language region; certain individuals did not hesitate to distance themselves from the government. Observing the paralysis of the rebirth movement, a team formed out of the Société d’Études Occitanes—Ismaël Girard, Camille Soula, René Nelli, Max Rouquette, Charles Camproux, et. alii—founded the Institut d’Études Occitanes after Liberation.Periodicals published during this period seem to be the preferred means to support the diffusion of Occitan. Generally printed in small format, thus reducing the need for paper and ink restricted by censors, journals in Occitan adopted no particular editorial line. Some were more literary; others preferred to publish articles on contemporary history and politics, while some provided readers with information relating current events to Occitan culture. These texts—literary, political, historic, and cultural—allow us to understand the organization of the rebirth movement, intimately tied to the Occitan literary world. This link between the worlds of politics and literature seems counter to the organization of the French-speaking world, in which the two fields are somewhat independent. This thesis seeks to show how the Second World War, a national and international event, influenced writing in a regional language, Occitan. Analyses show the principal themes that appear in literary works: political discourse, evocations of horror, the topic of religion, intergenerational engagement, and, at the end, tales of victory.