Analyse des arrêts cardiaques extra-hospitaliers pris en charge par les médecins correspondants SAMU sur le territoire nord alpin au cours de la période 2007-2019 / Vincent Bernard ; sous la direction de Jean-François Fage

Date :

Type : Livre / Book

Type : Thèse / Thesis

Langue / Language : français / French

Arrêt cardiaque -- Thérapeutique -- France -- Alpes (France ; nord)

Premiers soins

Service d'aide médicale d'urgence

Survie (médecine)

Médecine en situation d'isolement

Classification Dewey : 610

Fage, Jean-François (1982-.... ; médecin généraliste) (Directeur de thèse / thesis advisor)

Debaty, Guillaume (1974-.... ; médecin urgentiste) (Président du jury de soutenance / praeses)

Université Grenoble Alpes (2020-....) (Organisme de soutenance / degree-grantor)

Résumé / Abstract : Introduction : La survie à la suite d’un ACEH dépend de la précocité de la réanimation cardiopulmonaire (RCP) et de la défibrillation. L’intervention de médecins correspondant SAMU (MCS), médecins généralistes formés et équipés pour la gestion préhospitalière des ACEH, permet de réduire le délai de médicalisation. Nous étudions l’effet des MCS sur la survie des victimes d’ACEH dans les territoires éloignés de l’arc nord alpin. Matériel et méthode : Nous étudions les données du registre des arrêts cardiaques du Réseau Nord Alpin des Urgences (RENAU) collectées prospectivement entre 2007 et 2019. Tous les ACEH non traumatiques, situés à plus de 30 minutes d’un centre SMUR, et ayant bénéficié d’une réanimation médicale sont inclus dans l’étude. Nous analysons la survie à 30 jours avec un bon statut neurologique (CPC 1-2) chez les patients pris en charge par les MCS initialement versus ceux pris en charge par le service mobile d’urgence et de réanimation (SMUR) uniquement. Résultats : 430 ACEH ont été pris en charge par les MCS contre 2421 par le SMUR. Les victimes prises en charge par les MCS sont plus jeunes (64 [55-78] ans vs 67[51-75] ans), plus souvent en rythme initial choquable (37,4% vs 26,6%, p<0,001) et en dehors du domicile (53% vs 31,7%, p<0,001). Le délai avant la RCP est plus court (3 min vs 7 min, p<0,001), ainsi que le délai avant le premier choc électrique externe (13 min vs 17 min, p<0,001). La survie à 30 jours avec un score CPC 1-2 est plus élevée (11,9% vs 7,7%, p=0,004), mais en analyse multivariée, cette survie n’est pas associée à l’intervention d’un MCS de façon significative (OR=1,10 ; 95%IC [0,72-1,67]). Conclusion : L’intervention d’un MCS n’apparaît pas comme un facteur indépendant de la survie avec un bon devenir neurologique, mais leurs interventions concernent les patients ayant le meilleur pronostic, et pour lesquels il est d’autant plus important d’optimiser l’ensemble de la chaîne de survie. La généralisation de la formation aux soins d’urgence et l’accès aux défibrillateurs dans l’espace publique reste l’enjeu majeur pour l’amélioration de la survie.

Résumé / Abstract : Introduction: Survival following OHCA is correlated to the rapidity of cardiopulmonary resuscitation (CPR) and defibrillation. The intervention of the PCP, trained and equipped for the prehospital management of OHCA, reduces the time to medicalization. We are studying the effect of PCP intervention on the survival of OHCA victims in the remote areas of the north Alpine Arc. Material and method: We are studying the data from the cardiac arrest registry of the Northern French Alps Emergency Network (RENAU) collected prospectively from 2007 to 2019. All non-traumatic OHCA, located more than 30 minutes from an MICU center, and managed by emergency medical services (EMS) are included in the study. We analyze the 30-day survival with good neurological status (CPC 1-2 score) in patients treated by PCP initially versus those treated by mobile intensive care units (MICU) only. Results: 430 OHCA were supported by the PCP against 2421 by the MICU. The victims treated by PCP are younger (64 [55-78] years vs 67 [51-75] years), more often with a shockable initial rhythm (37.4% vs 26.6%, p <0.001) and away from home (53% vs. 31.7%, p <0.001). The time to CPR was shorter (3 min vs 7 min, p <0.001), as was the time to the first external electric shock (13 min vs 17 min, p <0.001). The 30-day survival with a CPC 1-2 score is higher (11.9% vs 7.7%, p = 0.004), but in multivariate analysis, this survival is not significantly associated with the intervention of a PCP (OR = 1.10; 95% CI [0.72-1.67]). Conclusion: The intervention of a PCP does not appear to be an independent factor of survival with a good neurological outcome, but their interventions concern patients with the best prognosis, and for whom it is all the more important to optimize the whole chain of survival. The generalization of training in emergency care and access to defibrillators in the public space remains the major challenge for improving survival.