La France et le Piémont : une volonté partagée de transmettre une mémoire commune / Sabrina Urbani ; sous la direction de Isabelle Felici

Date :

Type : Livre / Book

Type : Thèse / Thesis

Langue / Language : français / French

Coopération transfrontalière -- France

Coopération transfrontalière -- Piémont (Italie)

Mémoire collective

Felici, Isabelle (19..-....) (Directeur de thèse / thesis advisor)

Morelli, Anne (1948-....) (Président du jury de soutenance / praeses)

Giacone, Alessandro (1975-....) (Rapporteur de la thèse / thesis reporter)

Soriano, Éric (19..-....) (Membre du jury / opponent)

Université Paul Valéry (Montpellier) (Organisme de soutenance / degree-grantor)

École doctorale 58, Langues, Littératures, Cultures, Civilisations (Montpellier ; 2015-....) (Ecole doctorale associée à la thèse / doctoral school)

LLACS-Langues, littératures, arts et cultures du sud (Université Paul-Valéry, Montpellier 3) (Laboratoire associé à la thèse / thesis associated laboratory)

Résumé / Abstract : La proximité géographique favorisant les échanges de toutes natures, la France et le Piémont entretiennent depuis toujours des rapports privilégiés qui, au fil du temps, ont progressivement développé chez les populations concernées un sentiment d’appartenance à une même communauté. C’est la raison pour laquelle la grande majorité des Piémontais a choisi la France comme pays d’accueil au XIXe siècle lorsque la situation économique et démographique de l’Italie s’est aggravée. La mémoire collective franco-piémontaise déjà bien ancrée s’en est trouvée renforcée. Les liens que les immigrés piémontais et leurs descendants entretiennent avec leur culture d’origine ou celle de leurs ancêtres diffèrent selon les individus et dépendent de la manière dont le déracinement est vécu, de l’accueil reçu en France ainsi que de l’intégration au sein de la société française. L’intérêt porté au passé migratoire est également très variable. Certains s’en préoccupent peu tandis que d’autres cultivent leurs liens avec le passé car ils y voient le moyen de renforcer leur identité personnelle. Au niveau individuel et familial, la mémoire se transmet par le maintien des liens avec la terre des origines. Il peut s’agir par exemple de la langue des ascendants, du maintien des échanges, des témoignages écrits, de la littérature, des films ou bien encore des chansons. Au niveau collectif, la transmission de la mémoire est assurée par la coopération transfrontalière, les associations et les jumelages. Aujourd’hui encore, les échanges entre la France et le Piémont restent nombreux et permettent la consolidation et la perpétuation des mémoires individuelles, familiales et collectives. En interaction constante, ces mémoires se renforcent mutuellement. Mon travail entend montrer que la mémoire du passé se transmet, volontairement ou non, d’une génération à la suivante. Il s’agit parfois d’un legs tout juste perceptible et difficilement descriptible mais qui n’en demeure pas moins bien présent.

Résumé / Abstract : Due to their geographical proximity's encouraging all kinds of exchanges, France and Piedmont have always maintained a privileged relationship which, as time went by, has grown into a sense of belonging to the same community for the people concerned. That is why a vast majority of Piedmontese chose France as a host country in the 19th century, when the economical and demographical situation of Italy worsened. The French-Piedmontese collective memory hence became even more deeply rooted. The links the Piedmontese immigrants and their offspring have maintained with their native culture differ from people to people and are directly connected to the way they experienced their uprooting and how well they were received and integrated into French society. Interest in their migrant background also greatly varies. Some do not really bother with it while others see it as a way to strengthen their personal identity. At an individual and family level, memory is maintained thanks to close links to the country of origin. It can be through the use of the Piedmontese language, continued exchange with Piedmont, written testimonies, literature, cinema or song. At a collective level, the transmission of memory is ensured by transborder cooperation, partnership and twinning. To this day, exchanges between France and Piedmont are still numerous and allow the consolidation and continuation of individual, family and collective memories. As they are in constant interaction, those memories reinforce each other. The aim of my work is to show that the memory of the past is passed on, willingly or unwillingly, from a generation to another. It may sometimes be a tenuous and hard-to-describe heritage, but it is there nonetheless.