Catégories esthétiques, catégories humaines, catégories animales et « race nationale » : les peintures de castes au Mexique ou les ressorts ambigus de la construction d'une identité moderne / Maëva Riebel ; sous la direction de Bernard Bessière et de Frédéric Saumade

Date :

Type : Livre / Book

Type : Thèse / Thesis

Langue / Language : français / French

Catalogue Worldcat

Art colonial

Métissage -- Dans l'art

Relations homme-animal

Castes

Mexique -- 18e siècle -- Peinture

Bessière, Bernard (1948-....) (Directeur de thèse / thesis advisor)

Saumade, Frédéric (Directeur de thèse / thesis advisor)

Bernand, Carmen (1939-....) (Président du jury de soutenance / praeses)

Hémond, Aline (19..-.. ; anthropologue) (Rapporteur de la thèse / thesis reporter)

Lesbre, Patrick (Rapporteur de la thèse / thesis reporter)

Augé, Jean-Louis (1954-....) (Membre du jury / opponent)

Aix-Marseille Université (Organisme de soutenance / degree-grantor)

Ecole Doctorale Langues, Lettres et Arts (Aix-en-Provence) (Ecole doctorale associée à la thèse / doctoral school)

Centre aixois d'études romanes (Aix-en-Provence, Bouches-du-Rhône) (Autre partenaire associé à la thèse / thesis associated third party)

Résumé / Abstract : Inscrit dans une approche croisant iconographie, anthropologie et histoire, ce travail porte sur les peintures de castes au Mexique au XVIIIe siècle. Ce genre – unique au sein de l’art colonial et plus largement occidental – narre le métissage entre Espagnols, Amérindiens et Africains en Amérique coloniale. Il s’agira ici d’étudier les représentations sociales et raciales engagées dans les œuvres, de dégager leurs logiques, tout en explorant leurs arrière-plans historiques et anthropologiques. Nous tenterons de démontrer que cette mise en image du métissage se nourrit d’un imaginaire aristocratique européen qui structure un rapport à l’animalité dont la famille consanguine est le parangon, mais également d’un mode de pensée indigène qui conçoit une certaine fluidité entre les ontologies humaine et animale. En même temps, nous mettrons en relief la manière dont ce genre pictural articule la classification spontanée du Nouveau Monde qui se donne libre cours aux prémices de la Colonisation et la classification savante caractéristique du Siècle des Lumières. Nées de l’interpénétration de ces différents cadres civilisationnels, les peintures de castes constituent un objet fondamentalement « métis ».

Résumé / Abstract : This study explores the paintings of castes in 18th century Mexico, combining iconography, anthropology and history. This type of painting, of a unique kind within colonial and even Western art, tells the story of the interbreeding between Spaniards, American Indians and Africans in colonial Central America. The research focuses on the social and racial representations that appear in the artistic productions and the logic that they reflect. The historical and anthropological background is also examined. We will attempt to show that the graphic presentation of miscegenation feeds on a European aristocratic fantasy that shapes a relationship to the animalistic nature symbolized by consanguineous family, and also on an indigenous pattern of thought that allows some fluidity between human and animal ontology. Moreover, we shall point out the way in which this pictorial genre expresses the spontaneous classification of the New World that flows freely during the premises of the colonization and the scientific classification specific to the Enlightenment. These caste paintings are the produces of two cultural surroundings and form an inherently cross-bred subject.