La šu'ubiyya et la recherche d'un passé mythique commun dans l'adab du IIIe/IXe siècle : exemples d'al-Gahiz et d'Ibn Qutayba / Moulay Mustapha Tesrif ; sous la direction de Katia Zakharia

Date :

Type : Livre / Book

Type : Thèse / Thesis

Langue / Language : français / French

Ibn Qutaybaẗ -- ʿAbd Allâh ibn Muslim -- 0828-0889 -- Critique et interprétation

Ǧāḥiẓ -- 'Amr ibn Baḥr al- -- 0776-0868 -- Critique et interprétation

Littérature arabe -- 750-1258

Philosophie arabe

Islam -- Histoire

Classification Dewey : 892.7

Zakharia, Katia (Directeur de thèse / thesis advisor)

Denoix, Sylvie (19..-....) (Président du jury de soutenance / praeses)

Benmakhlouf, Ali (1959-....) (Rapporteur de la thèse / thesis reporter)

Lagrange, Frédéric (1964-....) (Rapporteur de la thèse / thesis reporter)

Université de Lyon (2015-....) (Organisme de soutenance / degree-grantor)

École doctorale Lettres, langues, linguistique, arts (Lyon) (Ecole doctorale associée à la thèse / doctoral school)

Histoire, archéologie, littératures des mondes chrétiens et musulmans médiévaux (Lyon) (Equipe de recherche associée à la thèse / thesis associated research team)

Université Lumière (Lyon) (Autre partenaire associé à la thèse / thesis associated third party)

Résumé / Abstract : Cette thèse se propose de montrer, à partir d’exemples concrets de textes anti-Šu‘ūbiyya tirés des œuvres d’al-Ğāḥiẓ (m. 255/869) et d’Ibn Qutayba (m. 276/889), la prégnance de la période préislamique sur l’adab du IIIe/IXe siècle. La méthode retenue est la confrontation critique notamment de la version numérisée de ces textes. Cette approche permet d’alimenter l’hypothèse d’une représentation magnifiée de l’Arabie préislamique : une image qui a fondé une part non négligeable des symboles identitaires de la culture arabo-musulmane, nourrie d’un passé mythique dans lequel peuvent se retrouver tous les musulmans sans préjuger de leurs ascendances.En effet, entendant par « mythe » les récits des origines qui cherchent à expliquer des données de la réalité en les inscrivant dans une dimension transcendée et surnaturelle, le symbolisme de l’adab situe l’essence des valeurs qu’il défend dans l’héritage des anciens Arabes. Cherchant à expliquer le monde, les udabā’ feront de la ğāhiliyya la source des vertus et le berceau de la langue arabe la plus pure. Inventant de nouvelles généalogies « fédératrices », ils s’attacheront à mettre en avant la maîtrise des traditions arabes préislamiques. Ainsi, nos deux auteurs situent la naissance de la civilisation arabo-musulmane dans des récits hors du temps et en rupture avec le présent. Les musulmans non-arabes peuvent donc ne plus se réclamer de leurs passé « réaliste » et prendre plutôt racine dans un passé qui favorise une culture commune inscrite dans un temps autre que le temps historique. Nos auteurs inventent une manière de culture vierge qui, seule, peut permettre à leurs yeux le commencement absolu. Par conséquent, les référents à la supériorité devraient être bouleversés par « l’effet anti-Šu‘ūbiyya » puisque l’origine ethnique ou la réalité historique ne sont plus le seul sens de l’existence.

Résumé / Abstract : Based on concrete examples from anti-Šu‘ūbiyya texts pulled from works of al-Ğāḥiẓ (d. 255/869) and Ibn Qutayba (d. 276/889), this thesis aims to demonstrate the pre eminence of the pre-Islamic period on the adab of the IIIe/IXe century. From a methodology which consists in a critical confrontation between these texts (especially the digitalized version of the texts), our point is to fuel the hypothesis of an adorned representation of pre-Islamic Arabia : This image produced a very important part of identical symbols of the Arab-Muslim culture, based on a mythical past in which all the Muslims without prejudice to their ancestries can find themselves."Myth" meaning the narratives of the origins created to explain data of the reality by registering them in a transcent and supernatural dimension, the symbolism of the adab places the essence of the values it is based on in the inheritance of the former Arabs. Trying to explain the world, the udabā’ made of the ğāhiliyya the source of the virtues and the cradle of the purest Arabic language. They devised new common genealogies to put forward the knowledge of the pre-Islamic Arabic traditions. Our two authors stand out the birth of the Arab-Muslim civilization in timeless narratives and in breach with the present time. Thus the non-Arabic Muslims can not refer anymore to their "historical" past and to take rather roots in a past which supports a common culture registered in a not historical time. Only this kind of blank culture, invented by our two authors, could allow the absolute beginning. Consequently, the markers of the supposed superiority could be shaken by the "anti-Šu‘ūbiyya effect" since the ethnical origin or the historical reality are not the only sense of the existence anymore.