La construction de l'État colombien au prisme de l'éducation. Nationalisation et modernisation pendant la République Libérale (1930-1946) / Cristina Moreno ; sous la direction de Olivier Compagnon

Date :

Type : Livre / Book

Type : Thèse / Thesis

Langue / Language : français / French

Éducation et État -- Colombie

Enseignement -- Réforme -- Colombie

Politique et éducation -- Colombie

Nationalisme et éducation -- Colombie

Centralisation administrative -- Colombie

Politique et gouvernement -- Colombie -- 1930-1946

Compagnon, Olivier (1969-....) (Directeur de thèse / thesis advisor)

González Bernaldo de Quirós, Pilar (1958-...) (Président du jury de soutenance / praeses)

Martinez, Françoise (19..-.... ; docteur en études hispaniques) (Membre du jury / opponent)

Lempérière, Annick (1953-....) (Membre du jury / opponent)

Silva, Renán (1951-....) (Membre du jury / opponent)

Université Sorbonne Paris Cité (Organisme de soutenance / degree-grantor)

École doctorale Europe latine et Amérique latine (Paris) (Ecole doctorale associée à la thèse / doctoral school)

Université de la Sorbonne Nouvelle (Paris) (Autre partenaire associé à la thèse / thesis associated third party)

Centre de recherche et de documentation sur les Amériques (Laboratoire associé à la thèse / thesis associated laboratory)

Résumé / Abstract : Le diagnostic de l’État failli en Colombie a parfois conduit à des analyses téléologiques qui ont eu tendance à présenter ce phénomène non seulement comme inextricable à la société colombienne mais, en outre, constitutif de l’histoire de la construction étatique. Ce travail invite à reconsidérer ces analyses à travers l’étude de cette construction à un moment clé de son histoire. Mettant fin aux anciennes « Républiques oligarchiques », les gouvernements libéraux des années 1930 et 1940 ont cherché à élargir les bases sociales du régime : intégrer le « peuple » paraissait la condition nécessaire à la transformation du pays. Si la modernisation et la nationalisation étaient les anciens horizons des élites politiques, ces concepts sont réinterprétés. Le nationalisme culturel, la régulation de l’économique et du social font irruption dans les discours et les pratiques étatiques. Ils traduisent un nouveau rapport de l’État à la société. Dans ce contexte, l’éducation et la culture ont pris une centralité politique jusqu’alors méconnue dans le pays. Cette thèse analyse la mise en place de la réforme éducative en privilégiant l’expérience quotidienne de sa construction. Cherchant à élucider le déploiement des logiques d’action et de connaissance de l’État, elle intègre les jeux d’échelle du local, du régional et du national. Puisant dans les méthodologies de l’histoire sociale et culturelle, elle donne une place privilégiée aux acteurs de cette construction. Ce travail est donc autant une histoire politique de l’éducation qu’une histoire sociale de l’État éducateur. En ce sens, elle contribue à une réflexion plus large sur les processus de construction étatique et les liens complexes entre culture et politique.

Résumé / Abstract : Diagnoses of Colombia as a "failed state" have sometimes lead to teleological analyses that present this phenomenon as intricated in Colombia´s society, or as constitutive in the history of state formation. This research allows us to rethink these analyses by focusing on state formation at a key historical moment. Putting an end to "oligarchic republics", Colombian liberal governments of the nineteen thirties and forties tried to broaden the social base of their regime (integrating "the people" seemed like the necessary condition to transform the country). International and national political shifts led to the reinterpretation of concepts such as modernization and nationalization. Cultural nationalism, as well as social and economic regulations, irrupted in state discourses and practices, and started a new relationship between the state and society. In this context, for the first time, education and culture became politically central. By focusing on everyday experiences, this dissertation analyses how a state education reform was set up. For a comprehensive explanation of both the logic and the knowledge of the state, this dissertation focuses on local, regional and national scales. Drawing on methodologies of social and cultural history, this work gives a privileged position to the actors who constructed the reform. Therefore, this dissertation is both a political history of education and a social history of the "educational state". In this sense, it contributes to our understanding of the processes of state formation and of the complex links between culture and politics.