Le langage est un lieu de lutte : la performativité du langage ordinaire dans la construction du genre et les luttes féministes / Mona Gérardin-Laverge ; sous la direction de Sandra Laugier

Date :

Type : Livre / Book

Type : Thèse / Thesis

Langue / Language : français / French

Études sur le genre

Théorie féministe

Actes de langage

Performatif

Participation sociale

Classification Dewey : 100

Classification Dewey : 305.4

Laugier, Sandra (1961-....) (Directeur de thèse / thesis advisor)

Revel, Judith (1966-....) (Président du jury de soutenance / praeses)

Greco, Luca (1966-....) (Rapporteur de la thèse / thesis reporter)

Ambroise, Bruno (1977-....) (Membre du jury / opponent)

Bauer, Nancy (1960-....) (Membre du jury / opponent)

Butler, Judith Pamela (1956-....) (Membre du jury / opponent)

Marrati-Guénoun, Paola (Membre du jury / opponent)

Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (Organisme de soutenance / degree-grantor)

École doctorale Philosophie (Paris) (Ecole doctorale associée à la thèse / doctoral school)

Centre de philosophie contemporaine de la Sorbonne (Paris) (Equipe de recherche associée à la thèse / thesis associated research team)

Centre de philosophie contemporaine de la Sorbonne (Paris) (Laboratoire associé à la thèse / thesis associated laboratory)

Résumé / Abstract : Comment penser la construction et la déconstruction du genre dans le langage ? Je montre que la philosophie du langage ordinaire — et notamment la théorie austinienne des actes de parole — peut soutenir une approche constructiviste et éclairer le rôle du langage dans la construction sociale du genre. La naturalisation du genre repose à la fois sur une représentation du langage — comme simple reflet du réel et comme « capacité » inégalement partagée — et sur des pratiques linguistiques ordinaires et scientifiques. Penser cela implique de dépasser la stricte dichotomie de l’idéologique et du matériel, pour analyser ensemble la construction et la représentation du genre dans des pratiques discursives et non-discursives. La théorie butlerienne de la « performativité du genre » permet de penser à la fois la construction du genre et sa contingence, sa possible déconstruction. Mais quel est notre pouvoir transformateur ? Si montrer qu’un phénomène n’est pas naturel ne suffit pas à le détruire, analyser sa force ne nous réduit-il pas à l’impuissance ? Pour répondre à ces questions, j’étudie des pratiques discursives de lutte. Je montre le pouvoir transformateur de pratiques de subversions et d’actes de parole insurrectionnels, qui font usage de la performativité du langage pour transformer les conditions sociales encadrant l’efficacité des discours. Je montre que ces pratiques déconstruisent le genre et produisent des collectifs de lutte, pour insister sur ce qu’une approche radicalement constructiviste du genre ouvre comme possibles pour le féminisme et l’action collective.

Résumé / Abstract : How is gender constructed and deconstructed in ordinary practices of language? First of all, I demonstrate that ordinary language philosophy – and more specifically the austinian theory of speech acts – can lay the ground for a constructivist approach and help to understand the role of language in the social construction of gender. I show that gender is naturalized both by our representation of language itself – as a mere reflect of reality and as an unequally shared “capacity” – and by ordinary and scientific practices of language. Understanding this idea involves going beyond the dichotomy of ideological and material, in order to analyze construction and representation of gender together in both discursive and non-discursive practices. Butler’s theory of gender performativity makes it possible to understand both construction and deconstruction, or the contingency of gender. But does not highlighting the strength of this construction lead to deny our power and agency? To answer this question, I study feminist discursive practices. I highlight transformative power of subversions and insurrectional speech acts. I analyze discursive practices of denaturalization that challenge both social and discursive orders, and practices that use language performativity to change the social conditions that give power to speech acts. These practices deconstruct gender and produce political and collective subjects: a radical constructivist approach to gender thus opens rich perspectives for feminism and collective activism.