De la médecine de guerre à la médecine en guerre : administration des blessés et malades de guerre et métamorphoses du champ médical en 14-18 / Sylvain Bertschy ; sous la direction de Frédéric Rousseau et de François Buton

Date :

Type : Livre / Book

Type : Thèse / Thesis

Langue / Language : français / French

Médecine militaire

Secours aux militaires blessés ou malades en temps de guerre -- Guerre mondiale (1914-1918)

Invalides de guerre

Rousseau, Frédéric (1955-....) (Directeur de thèse / thesis advisor)

Buton, François (1969-....) (Directeur de thèse / thesis advisor)

Gaïti, Brigitte (1959-....) (Président du jury de soutenance / praeses)

Pierru, Frédéric (1971-....) (Rapporteur de la thèse / thesis reporter)

Robert, Cécile (1972-.... ; politiste) (Rapporteur de la thèse / thesis reporter)

Viet, Vincent (Membre du jury / opponent)

Kaluszynski, Martine (1958-....) (Membre du jury / opponent)

Université Paul Valéry (Montpellier) (Organisme de soutenance / degree-grantor)

École doctorale 58, Langues, Littératures, Cultures, Civilisations (Montpellier ; 2015-....) (Ecole doctorale associée à la thèse / doctoral school)

Résumé / Abstract : Quels sont les effets de la Grande Guerre sur le champ médical et comment les agents et les institutions qui le peuplent ont-ils traversé ce « moment critique » ? La thèse présentée ici explore cette rencontre entre un temps d’exception (la séquence 14-18) et un espace social (la médecine) et elle entend montrer comment la mise en guerre du champ médical, en suspendant les logiques ordinaires de son fonctionnement social, a contribué à rendre possible une réforme de la prise en charge des blessés et malades militaires. L’enquête met en lumière le rôle des civils mobilisés, notamment des professionnels de santé – jeunes patrons de la médecine universitaire, agrégés et internes, hospitaliers, chercheurs (fondamentalistes) - qui vivent avec leur mise en guerre une expérience malheureuse de désajustement et de désœuvrement. Placés en position de subalternes dans un corps de santé ou prime une logique bureaucratique, une partie de ces élites médicales mobilise dès l’automne ses réseaux politiques et appelle à une « réforme globale » de l’organisation sanitaire, envisagée comme une « remise en ordre » de la médecine de guerre en ce qu’elle est censée remettre tout le monde à sa place, selon ses compétences, en restaurant les normes et hiérarchies du champ médical. L’accès au pouvoir des réformateurs en juillet 1915, incarné par la création d’un sous-secrétariat au service de santé dirigé par Justin Godart, s’explique alors moins par la « prise de conscience » de la situation objective des blessés et malades ou par les mobilisations des premières associations de blessés que par l’entrée dans le jeu des élites hospitalo-universitaires à partir de janvier 1915.

Résumé / Abstract : What were the consequences of World War I on the medical field and how did its social agents and institutions navigate this critical moment? This PhD intends to explore the encounter between an exceptional moment – the years 1914-1918 – and a social space – that of medicine. The thesis also aims to show how the particular way the medical field went into war made a reform of the care system possible for wounded and sick soldiers by suspending the ordinary logic of its social functioning. This inquiry sheds light on the role of mobilized civilians, specifically health professionals – young university hospital professors, hospital physicians, laboratory researchers – whose descent into war was an unhappy experience of idleness and maladjustment. As a part of these medical elites were treated as subalterns in a medical community where the bureaucratic logic came first, from the autumn of 1914 onwards they mobilised their political networks and called for a “global reform” of the sanitary organization. This reform aimed to reorder wartime medicine by putting everyone back where they belonged according to their skills and by restoring the norms and hierarchies of the medical field. As exemplified by the creation of an under-secretary for the health service supervised by Justin Godart, this group of reformers’ access to power in July 1915 was due less to the “awareness” of the objective situation of the wounded and sick soldiers or to the mobilisation of the first war wounded associations, than to this new involvement of university hospital elite from January 1915 onwards.