Permanence et transformations d'une institution de prévention : la médecine du travail : de l'évaluation de l'aptitude à celle des risques professionnels / Gabrielle Lecomte-Ménahès ; sous la direction de Annie Collovald et de Sarah Ghaffari

Date :

Type : Livre / Book

Type : Thèse / Thesis

Langue / Language : français / French

Médecine du travail

Risques professionnels

Politique publique

Collovald, Annie (1958-....) (Directeur de thèse / thesis advisor)

Ghaffari, Sarah (Directeur de thèse / thesis advisor)

Pinell, Patrice (1944-....) (Président du jury de soutenance / praeses)

Célérier, Sylvie (Rapporteur de la thèse / thesis reporter)

Lomba, Cédric (Rapporteur de la thèse / thesis reporter)

Université de Nantes (1962-2021) (Organisme de soutenance / degree-grantor)

Ecole doctorale Droit, Economie-Gestion, Sociétés, Territoires (Nantes) (Ecole doctorale associée à la thèse / doctoral school)

Université Bretagne Loire (Autre partenaire associé à la thèse / thesis associated third party)

Centre Nantais de Sociologie (Laboratoire associé à la thèse / thesis associated laboratory)

Résumé / Abstract : Depuis quinze ans, la médecine du travail est l'objet de multiples réforme du Code du travail qui révisent son fonctionnement centré sur l'évaluation individuelle de l'aptitude. En étudiant une profession en train de "disparaître", cette recherche appréhende, au prisme des sociologies de l’action publique, des professions et du travail, les permanences et les renouvellements d'un instrument de prévention de la santé au travail fondée sur une enquête ethnographique par observations et entretiens auprès de préventeurs de services interentreprises, ta thèse combine trois échelles d'analyse. Au niveau macro-social, les médecins du travail qui constituent une nouvelle génération fortement féminisée depuis les années 1980 contribuent à faire apparaître des risques professionnels majeurs (amiante, TMS, souffrance au travail) sur la scène publique et à renouveler leurs pratiques, notamment via son courant le plus critique. Cette critique est désarmée dans les années 2000 par les dirigeants des services interentreprises qui se réapproprient le mandat de prévention par 'le biais de dispositifs de gestion encadrant le travail de préventeurs non médicaux. Au sein des services interentreprises , malgré leurs résistances et du fait de leur statut professionnel, les médecins du travail leur délèguent peu à peu l'action en milieu de travail et le suivi régulier des salariés. Surchargés de travail, ils se trouvent cantonnés dans leur rapport au public au suivi des salariés en souffrance ce qui les éloigne des pratiques de prévention légitimes. Celles-ci, centrées sur l’évaluation des risques professionnels et l'application du principe de précaution, sont transmises aux préventeurs non médicaux.

Résumé / Abstract : Over the last fifteen years, French occupational medicine has been modified by several labour code reforms which have revised its focus on the examination of medical fitness to work. Studying a "disappearing" profession, that of the company doctor, this research mobilises the sociologies of public action, professions and work to understand the contïnuity and renewal of the instruments of occupational health prevention. Based on ethnographical observations and interviews with occupational health professionals, this PhD thesis combines three levels of analysis. At the macro-social level, during the 1980s, a new generation of mostly female company doctors, particularly through its most critical branch, helped to bring into the public arena major occupational risks (asbestos, musculoskeletal disorders, psychosocial risks) arc renew medical practces. But during the 2000s, directors of occupationnal health services regained the preventive mandate through management devices framing the activity of non-medicalt occupational health professionals. At the level of occupational health services, despite their resistances and because of their professional status, company doctors little by little delegated studies of working conditions and regular follow-up with employees to these new professionals. Overloaded with work, company doctors are limited in their relationship to their public and must concentrate on caring for sick employees, which moves them away from legitimate preventive practices. These practices, centred on the evaluation of occupational risks, are transmitted to non-medical occupational health professionals.