Du flux de vécus au monde objectif : le concept de constitution chez Edmund Husserl et Rudolf Carnap / Jean-Baptiste Fournier ; sous la direction de Jocelyn Benoist

Date :

Type : Livre / Book

Type : Thèse / Thesis

Langue / Language : français / French

Husserl -- Edmund -- 1859-1938 -- Critique et interprétation

Carnap -- Rudolf -- 1891-1970 -- Critique et interprétation

Théorie de la connaissance

Classification Dewey : 120

Classification Dewey : 142.7

Benoist, Jocelyn (1968-....) (Directeur de thèse / thesis advisor)

Bonnet, Christian (1950-.... ; philosophe) (Président du jury de soutenance / praeses)

Moran, Dermot (1953-....) (Rapporteur de la thèse / thesis reporter)

Rauzy, Jean-Baptiste (1964-.....) (Rapporteur de la thèse / thesis reporter)

Pradelle, Dominique (1964-....) (Membre du jury / opponent)

Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (Organisme de soutenance / degree-grantor)

École doctorale Philosophie (Paris) (Ecole doctorale associée à la thèse / doctoral school)

Centre de philosophie contemporaine de la Sorbonne (Paris) (Equipe de recherche associée à la thèse / thesis associated research team)

Centre de philosophie contemporaine de la Sorbonne (Paris) (Laboratoire associé à la thèse / thesis associated laboratory)

Résumé / Abstract : Ce travail propose une réévaluation du schisme phénoménologico-analytique à la lumière des textes de Husserl et de Carnap qui en constituent l’un des fondements et qui cependant émergent d’un contexte philosophique et scientifique similaire. L’idée carnapienne de constitution comme « reconstruction rationnelle » et arbitraire du monde peut en effet paraître s’opposer terme à terme au «se-constituer» des choses que déploie la phénoménologie husserlienne, mais l’emploi par Carnap du vocabulaire de la constitution nous impose d’interroger le lien que l’entreprise de l’Aufbau entretient avec la constitution idéaliste transcendantale. La thèse de ce travail revient à affirmer que l’opposition Husserl/Carnap ne peut être interprétée dans les termes d’une opposition entre phénoménologie et analyse logique, ni non plus sur la base des concepts d’idéalisme transcendantal, de logicisme ou de phénoménalisme. Comprendre l’opposition entre les deux auteurs (et donc plus lointainement entre les deux mouvements dont ils endossent, au moins partiellement, la paternité) implique de se pencher sur les textes de jeunesse où l’un et l’autre élaborent leur concept respectif de constitution, en s’intéressant notamment au modèle logico-mathématique du formel dont ils héritent, et dont leur système de constitution présente le déploiement. Cette confrontation nous amène à définir la constitution comme l’élaboration d’un modèle continu de la discontinuité atteinte par la description phénoménologique pré-constitutive du monde – ce qui nous conduira à interroger la pertinence du modèle topologique pour la constitution.

Résumé / Abstract : In this PhD thesis, I attempt to reevaluate the opposition between analytical and phenomenological philosophy through the study of Husserl’s and Carnap’s systems of constitution. Carnap’s idea of constitution as a “rational” and arbitrary “reconstruction” of the world seems to be radically antithetical to Husserl’s descriptive account of the “self-constitution” of the things themselves. Yet, Carnap’s use of the language of constitution, as well as his attempt to translate it into the language of logistics, lead us to question the links between his own enterprise and Husserl’s transcendental idealist constitution. What I am trying to demonstrate in this work is that the opposition between Husserl and Carnap cannot be interpreted either in terms of “phenomenology” and “analytical philosophy” or in terms of transcendental idealism, logicism and phenomenalism. In order to understand the opposition between Husserl and Carnap (and therefore, between continental and analytical philosophy), it is necessary to ask how and why, in their very first works and articles, they both conceived philosophy as a system of constitution. This leads us to give an account of Husserl’s and Carnap’s logico-mathematical models of the formal dimension of experience, and to define constitution as the elaboration of a continuous model for the discontinuity of the world – this discontinuity being given by the phenomenological and pre-constitutive description of the world. Would this imply then that topology is a suitable model for the construction of the world ?