Sociologie des féministes des années 1970 : analyse localisée, incidences biographiques et transmission familiale d'un engagement pour la cause des femmes en France / Camille Masclet ; sous la direction de Michèle Ferrand et de Olivier Fillieule

Date :

Type : Livre / Book

Type : Thèse / Thesis

Langue / Language : français / French

Féminisme

Études sur le genre

Militantisme

Socialisation

Transmission intergénérationnelle

Ferrand, Michèle (Directeur de thèse / thesis advisor)

Fillieule, Olivier (1965-....) (Directeur de thèse / thesis advisor)

Le Feuvre, Nicky (Président du jury de soutenance / praeses)

Achin, Catherine (1975-....) (Rapporteur de la thèse / thesis reporter)

Darmon, Muriel (1973-....) (Rapporteur de la thèse / thesis reporter)

Zancarini-Fournel, Michelle (1947-....) (Membre du jury / opponent)

Bühlmann, Felix (1975-....) (Membre du jury / opponent)

Université de Paris VIII (Organisme de soutenance / degree-grantor)

Université de Lausanne. Faculté des sciences sociales et politiques (Organisme de cotutelle / degree co-grantor)

École doctorale Sciences sociales (Saint-Denis, Seine-Saint-Denis) (Ecole doctorale associée à la thèse / doctoral school)

Résumé / Abstract : Par une contestation radicale du patriarcat et visant une « libération des femmes », les mouvements féministes qui se développent dans les années 1970 ont contribué à remettre en question les rapports de genre dans de nombreux domaines. À partir d’une recherche combinant travail sur archives, enquête par questionnaire et entretiens, la thèse prend pour objet l’engagement de femmes dans ces mobilisations en France. Elle vise à comprendre comment la participation à ce mouvement social – caractérisé par la politisation de la sphère privée – a transformé les trajectoires de militantes « ordinaires » et celles de leurs enfants. Au moyen d’une approche localisée et comparée, la thèse analyse d’abord les contextes militants dans lesquels les féministes ont circulé et ont été socialisées. Retraçant les mobilisations féministes qui se déploient à Lyon et à Grenoble entre 1970 et 1984, elle revisite l’histoire des féminismes français de la « deuxième vague ». Étudiant ensuite les carrières militantes des féministes, la thèse montre les effets socialisateurs durables de ces engagements et leur empreinte sur les différentes sphères de leur vie. Des analyses séquentielles permettent de mettre au jour leurs principaux devenirs jusqu’à aujourd’hui, sur le plan politique comme sur le plan personnel. Resserrant la focale d’analyse sur les féministes devenues mères, l’enquête révèle finalement par quels pratiques et processus une transmission familiale du féminisme s’est opérée et quels héritages politiques en résultent chez les enfants. Elle dégage plusieurs facteurs pour comprendre les appropriations différenciées de ces héritages parmi la deuxième génération.

Résumé / Abstract : The feminist movements that arose in the 1970’s, promoting a radical contestation of patriarchy and committed to “women’s liberation”, helped challenge gender relations in many areas. Built upon an empirical research that combines archival work, questionnaires and interviews, my dissertation focuses on the women who took part in these mobilizations in France. It aims to understand how the involvement in this movement, characterised by the politicization of the private sphere, transformed “common” activists’ trajectories and those of their children. Using a local and comparative approach, this work first analyses the contexts in which the feminists evolved and were socialised. By tracing the feminist mobilizations that unfolded in Lyons and Grenoble between 1970 and 1984, it also revisits the history of the “second wave” French women’s movements. The study of the feminists’ activist careers then highlights the lasting socialising effects of their commitments and the impact they had on different areas of their life. Likewise, the use of sequence analysis reveals the trajectories they followed until present day, both from a political and personal prospect. Finally, a deeper focus on the activists who became mothers uncovers how intergenerational transmission of feminism occurred and which political contents the children inherited. In particular, this dissertation proposes several factors that help understand the differentiated appropriations of this heritage among the second generation.