La crise de l'exil chez Linda Lê : l'itinéraire du deuil dans la trilogie consacrée à la mort du père / Thi Thu Thuy Bui ; sous la direction de Bruno Gelas

Date :

Type : Livre / Book

Type : Thèse / Thesis

Langue / Language : français / French

Lê -- Linda -- 1963-.... -- Critique et interprétation

Lê -- Linda -- 1963-.... -- Thèmes, motifs

Exil -- Dans la littérature

Gelas, Bruno (1945-....) (Directeur de thèse / thesis advisor)

Madou, Jean-Pol (1943-....) (Président du jury de soutenance / praeses)

Schmitt, Michel P. (1946-....) (Membre du jury / opponent)

Masson, Pierre (1948-....) (Membre du jury / opponent)

Université Lumière (Lyon) (Organisme de soutenance / degree-grantor)

École doctorale Lettres, langues, linguistique, arts (Lyon) (Ecole doctorale associée à la thèse / doctoral school)

Passages XX-XXI (Lyon) (Laboratoire associé à la thèse / thesis associated laboratory)

Résumé / Abstract : L’exil et le deuil, en relation dialectique, sont très présents dans l’œuvre sombre et peuplée de personnages misanthropes de Linda Lê. La trilogie est nourrie par le traumatisme de la perte du père, du pays et de la langue. La question de la langue affecte profondément l’écrivaine. En effet, son abandon voulu de la langue natale pour celle du pays d’adoption engendre un sentiment de trahison. A partir de son exil du langage, Linda Lê construit un langage de l’exil : celui de l’obscurité, du trouble, de la crise, aggravée par la mort du père abandonné. L’écriture lui est une nécessité pour faire le deuil et un pharmakon contre la folie. Hétérogène dans leur forme, chacun des livres de la trilogie correspond à une étape du deuil. Homogène dans le fond, ils représentent différents aspects de la quête du père. Imprégnée du vécu de l’auteure, la trilogie est néanmoins une œuvre de fiction avec une part d’extravagance et d’onirisme. La construction du récit reflète donc une indécision générique, marquée par la cohérence entre mémoire et imagination, conscient et inconscient. De plus, la trilogie témoigne d’une dualité culturelle : un pan tourné vers le passé vietnamien et l’autre vers le présent européen. Enfin, la dualité sentimentale entre amour et colère fait apparaître une idéologie très lêesque, apparemment paradoxale mais en réalité logique et philosophique : la vie naît de la mort, la mort est cachée au sein de la vie.

Résumé / Abstract : Exile and mourning, in dialectical relation, are of paramount importance in Linda Lê’s books which are populated by misanthropic characters. The trilogy is nourished by the traumatic loss of the father, the country and the language. The writer is deeply affected by the issue of the language. In fact, she deliberately abandoned her native tongue for that of her adopted country thus generating a feeling of betrayal. From her “exile of language”, Linda Lê constructs a “language of exile”: one of obscurity, of confusion, of crisis, aggravated by the death of her abandoned father. Writing is necessary for her in order to go through mourning and is a pharmakon against madness. Heterogeneous in their form, each book of the trilogy corresponds to one stage of grief. Homogeneous in their substance, they represent the different aspects of the father’s quest. Steeped in the personal experience of the author, the trilogy is nevertheless a work of fiction with a part of extravagance and onirism. The construction of the story also reflects the generic indecision, marked by the coherence between memory and imagination, conscious and unconscious. In addition, the trilogy is a testimony to a cultural duality with the Vietnamese past on the one hand and the European present on the other. Finally, the sentimental duality between love and anger is a mark of the “lê-esque” ideology: paradoxical in appearance but logical and philosophical in reality: life is born from death and death is hidden within life.