Réinventer les pommes et les pommes de terre : une géographie de la qualité à l'épreuve des produits ordinaires / Lucile Garcon ; sous la direction de Claire Delfosse

Date :

Type : Livre / Book

Type : Thèse / Thesis

Langue / Language : français / French

Indications géographiques protégées -- France

Pommes de terre -- Appellations d'origine -- France

Pommes de terre -- Appellations d'origine -- Italie

Pommes -- Appellations d'origine -- France

Pommes -- Appellations d'origine -- Italie

Produits agricoles -- Vente coopérative -- France

Produits agricoles -- Vente coopérative -- Italie

Delfosse, Claire (1963-....) (Directeur de thèse / thesis advisor)

Allaire, Gilles (Président du jury de soutenance / praeses)

Margetic, Christine (1962-....) (Rapporteur de la thèse / thesis reporter)

Buller, Henry (1956-....) (Rapporteur de la thèse / thesis reporter)

Lamine, Claire (1970-....) (Membre du jury / opponent)

Pluvinage, Jean (19..-....) (Membre du jury / opponent)

Université Lumière (Lyon) (Organisme de soutenance / degree-grantor)

École doctorale Sciences sociales (Lyon) (Ecole doctorale associée à la thèse / doctoral school)

Laboratoire d'études rurales (Lyon) (Laboratoire associé à la thèse / thesis associated laboratory)

Résumé / Abstract : Dans un contexte de foisonnement des circuits courts de proximité, les enjeux de qualité invitent à déplacer la focale géographique, de produits spécifiques caractérisés par leur origine vers des produits ordinaires caractérisés par leur provenance. Se pose alors la question des modalités d’attachement de ces produits ordinaires aux milieux géographiques. À la fois aliments du quotidien et éléments de matériel végétal communs, les pommes et les pommes de terre permettent d’aborder les enjeux de reconnexion entre agriculture et alimentation autour de la notion de système agri-alimentaire territorial. Sur trois espaces de moyenne montagne – en France (Ardèche, Bauges) et en Italie (Ligurie) – cette thèse propose une analyse des trajectoires de dix collectifs passant par des phases de controverses qui les conduisent à se tourner vers des dispositifs de qualification plus souples que les indications géographiques. Conservant des logiques d’enracinement inspirées d’une rhétorique du terroir, ils ne versent pas pour autant dans le modèle des circuits courts de proximité, et maintiennent pour la plupart la question variétale au cœur de leurs préoccupations. La thèse montre que cette dernière ne peut être traitée à l’échelle des territoires qu’à condition d’envisager la production alimentaire de manière intégrée, c’est-à-dire en impliquant une diversité d’acteurs, capables de concevoir dans un même mouvement différentes étapes de qualification, de la gestion du matériel végétal à la consommation des aliments. L’émergence et la viabilisation de tels systèmes agri-alimentaires territoriaux ouvrent des débats politiques, et posent la question des modalités de l’action publique pour favoriser de tels dispositifs, dont on observe qu’ils tiennent principalement à des figures individuelles et à des lieux de médiation.

Résumé / Abstract : In a context of proliferation of short supply chains, issues of quality invite a shift in geographical focus, moving from specific products characterized by their origin to ordinary products characterized by their provenance. This shift raises the question of the modalities of attachment that these common products have to geographical areas. Everyday foods and common plant materials such as apples and potatoes allow for particular discussion around the issues concerning the reconnection of agriculture and food, specifically around the concept of territorial agri-food systems. Looking at three medium mountain areas - in France (Ardèche, Bauges) and Italy (Liguria) - this thesis proposes an analysis of the trajectories of ten different food collectives through the varying phases of controversy that are driving them towards qualification devices which are more flexible than purely geographical indications. Maintaining the logic of 'rooting', inspired by a territorial rhetoric, the collectives do not fall into the short supply chains model, and maintain, for the most part, the varietal question at the heart of their concerns. This thesis shows that this varietal question can only be treated at the territorial level if we consider the production of food as integrated. That is to say, involving a variety of stakeholders, capable of designing various stages of qualification in the same movement, from plant material management to food consumption. The emergence and realizable qualities of these territorial agri-food systems incite political debate, and raise the question of the public action modalities to promote these devices, which we notice are mainly due to individuals and places of mediation.