Conscience tragique grecque et conscience humaniste chez Albert Camus / Sofia Chatzipetrou ; sous la direction de Stéphane Michaud

Date :

Type : Livre / Book

Type : Thèse / Thesis

Langue / Language : français / French

Camus -- Albert -- 1913-1960 -- Critique et interprétation

Camus -- Albert -- 1913-1960 -- Thèmes, motifs

Identité (philosophie) -- Dans la littérature

Michaud, Stéphane (1944-....) (Directeur de thèse / thesis advisor)

Guérin, Stéphane (1962-....) (Président du jury de soutenance / praeses)

Spiquel, Agnès (1948-....) (Membre du jury / opponent)

Filias, Dimitris N (1959-....) (Membre du jury / opponent)

Université de la Sorbonne Nouvelle (Paris) (Organisme de soutenance / degree-grantor)

École doctorale Littérature française et comparée (Paris) (Ecole doctorale associée à la thèse / doctoral school)

Centre d'études et de recherches comparatistes (Paris) (Laboratoire associé à la thèse / thesis associated laboratory)

Résumé / Abstract : Le présent travail examine l’œuvre à la fois romanesque et théâtrale d’Albert Camus dans sa réception des concepts constitutifs de la conscience telle que l’entend la tragédie grecque. Il s’agit de mettre en évidence la manière dont ces concepts sont reçus, transformés et enfin incorporés dans l’univers littéraire et philosophique de Camus. Conscience signifiant la connaissance que chacun a de soi-même (de son thumós), le mot fait appel à une connaissance susceptible d’être partagée avec les autres. Autour de la volonté de l’existence s’organisent donc des sentiments d’unité et de cohérence, d’autonomie et d’hétéronomie. Entre le retour sur soi d’un côté et l’ouverture au monde de l’autre, la conscience figure comme préoccupation essentielle de l’esprit tragique et camusien également. Au cœur d’une antithèse continuelle, l’homme doit transformer le coup du Destin et de l’Absurde en champ fécond : Revendication et Révolte constituent, dès lors, le chemin à suivre pour être et, surtout, demeurer humain. De l’affirmation du « soi » tragique au « métier d’homme » exigé par l’écrivain, conscience et identité s’entrelacent et font de l’individu le créateur du sens. À travers les éléments fondateurs de la conscience tragique, Camus envisage ainsi une identité qui, consciente de ses contradictions, ses droits et ses devoirs, demeure cohérente : l’identité de l’homme révolté.

Résumé / Abstract : This thesis examines Albert Camus’ work, both fictional and dramatic, in its reception of conscience’s primary concepts as introduced by the Greek tragedy. The point is to find out how these concepts are received, transformed and finally incorporated in Camus’ literary and philosophic world.Conscience meaning the knowledge that everyone has of himself (thumós), it aims at a knowledge supposed to be shared with the others. Around the desire of existence therefore, feelings of unity and coherence, autonomy and heteronomy set up. Between introspection on one hand and opening to the world on the other, the conscience figures as a key theme for both tragic and camusian reflection. At the heart of enduring oppositions, the person must transform Destiny’s and Absurd’s blow into a productive range: thus, Requisition and Rebellion trace the way to go in order to be and remain human. From tragic « self » affirmation to the « human vocation » required by the author, conscience and identity interact and indicate the individual as the creator of meaning. Through Greek tragedy’s essential principles, Camus aims thereby at an identity which, aware of its contradictions, its rights and duties, remains consistent: the rebel’s identity.