L'écriture poétique de Tomás Segovia : les possibilités du nomadisme / Judite Rodrigues ; sous la direction de Bernard Sicot

Date :

Type : Livre / Book

Type : Thèse / Thesis

Langue / Language : français / French

Segovia -- Tomás -- 1927-2011 -- Critique et interprétation

Exil -- Dans la littérature

Littérature hispano-américaine -- Thèmes, motifs

Sicot, Bernard (Directeur de thèse / thesis advisor)

Carandell, Zoraida (Président du jury de soutenance / praeses)

Olivier, Florence (1953-.... ; spécialiste en littérature latino-américaine) (Rapporteur de la thèse / thesis reporter)

Allaigre-Duny, Annick (Rapporteur de la thèse / thesis reporter)

Aznar Soler, Manuel (1951-) (Membre du jury / opponent)

Université Paris Nanterre (Organisme de soutenance / degree-grantor)

École doctorale Lettres, langues, spectacles (Nanterre) (Ecole doctorale associée à la thèse / doctoral school)

Résumé / Abstract : Cette étude a pour ambition de mettre au jour la trajectoire du poète Hispano-Mexicain Tomás Segovia et de définir sa poétique. On tente ainsi de montrer comment son œuvre, conduite par le tropisme du nomadisme, mène de la reconnaissance des origines, à l’acceptation de l’héritage de l’exil puis au dépassement de cette problématique. La poétique du nomadisme touche à différentes sphères, elle est perceptible dans la thématique, l’écriture, les figures, les formes poétiques ou dans les effets de transfert entre les différentes formes d’arts. Ce sont là autant de points d’analyse à prendre en compte pour explorer les possibilités de cette esthétique nomade qui tend définitivement à brouiller les frontières. Des figures comme la synesthésie, l’oxymore ou la personnification emblématisent la propension à l’échange et au mouvement de la poétique « ségovienne ». Le poète explore aussi l’éventail des possibilités que lui offre la variété des mètres différents dans la silva et dans le rythme hendécasyllabique. Il s’essaye à diverses formes poétiques et explore les modalités de l’entre-deux. Il met à profit l’image du poème. Il dialogue avec d’autres pratiques artistiques et tire parti des mots de la musique et de la peinture. Son écriture procède par d’habiles entrelacements de mots, elle est toute sensorielle, à l’écoute du corps et elle s’offre généreusement dans des vagues langagières puissantes. Fidèle aux valeurs et aux luttes héritées de l’Espagne « peregrina », sa poésie n’entre pas dans la polémique de l’hispanité ou de l’américanité, elle a irrémédiablement choisi le drapeau du nomadisme pour réaliser son anagnorèse et ainsi déchiffrer et saisir le monde avec liberté.

Résumé / Abstract : The objective of this study is to reveal the trajectory of the Hispanic Mexican poet, Tomás Segovia, and define his poetry. We will therefore try to show that his work, driven by the impulse of nomadism, leads from the recognition of his origins to the acceptation of his heritage of exile and finally to the conquering of this problem. The poetics of nomadism touch different spheres perceptible in terms of topics, themes, writing style, figures of speech, poetic forms or even the effects of transferring notions between different domains of art. So many points of analysis must there be taken into account in order to explore the possibilities of this nomadic esthetic which certainly has the tendency to blur the borders. Figures of speech such as synaesthesia, the oxymoron or personification emblemize the propensity of exchange and the “Segovian” poetic movement. This poet also explores a range of possibilities which offer him a variety of different meters within the silva and in the Hendecasyllabic rhythm. He tests out diverse forms of poetry and explores the sensory perceptions between them. He takes advantage of the imagery of a poem. He dialogues with other artistic practices and pulls from them words from the worlds of music and painting. His writing proceeds from a clever interlacing of words; it is entirely sensory, it listens to the body, and it offers itself generously to powerful linguistic waves. Faithful to his values and struggling from a “pilgriming” Spain, his poetry does not enter into the polemic debate of what it means to be Hispanic or American, but rather chooses the emblematic cover of nomadism to fulfill its anagorisis, thus, decoding and seizing the world with freedom.