De l'expérience du racisme à sa politisation : mobilisations et représentation des "victimes" en France et en Allemagne aujourd'hui / Soline Laplanche-Servigne ; sous la direction de Nonna Mayer et Ulrich Bielefeld

Date :

Editeur / Publisher : Lille : Atelier national de reproduction des thèses , 2012

Type : Livre / Book

Type : Thèse / Thesis

Langue / Language : français / French

Langue / Language : anglais / English

Victimes -- France

Victimes -- Allemagne

Racisme -- Lutte contre -- France

Racisme -- Lutte contre -- Allemagne

Identité collective -- France

Identité collective -- Allemagne

Mémoire collective -- France

Mémoire collective -- Allemagne

Minorités -- Activité politique -- France

Minorités -- Activité politique -- Allemagne

Mayer, Nonna (Directeur de thèse / thesis advisor)

Bielefeld, Ulrich (1951-....) (Directeur de thèse / thesis advisor)

Institut d'études politiques (Paris) (Organisme de soutenance / degree-grantor)

Technische Universität (Darmstadt, Allemagne) (Organisme de soutenance / degree-grantor)

Collection : Lille-thèses / Atelier de reproduction des thèses / Lille : Atelier de reproduction des thèses , 1983-2017

Relation : De l'expérience du racisme à sa politisation : mobilisations et représentation des "victimes" en France et en Allemagne aujourd'hui / Soline Laplanche-Servigne ; thèse en cotutelle dirigée par Nonna Mayer,... et Ulrich Bielefeld,... / [S.l.] : [s.n.] , 2011

Résumé / Abstract : Fondée sur une enquête de terrain comparative en France et en Allemagne, la présente thèse a pour objectif de comprendre pourquoi et comment se constituent des mobilisations de « victimes de racisme » dans des sociétés « antiracistes », définies ici comme des sociétés ayant mis en œuvre des politiques de lutte contre le racisme et la discrimination raciale depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. La thèse analyse le processus de politisation visible dans l’action protestataire de « racisés ». Il s’agit d’acteurs se regroupant en vertu du partage d’un phénotype ou d’origines immigrées et de l’expérience commune du racisme. La figure de « victime » est appréhendée de manière constructiviste : il s’agit d’analyser la production d’un statut de « victime de racisme » par les acteurs mobilisés et leurs différentes manières de devenir des victimes politiquement pertinentes afin de faire valoir leurs demandes. Leur constitution d’identités collectives « racisées », leurs actions menées dans un espace des mouvements sociaux ainsi qu’au sein du champ politique partisan et les répertoires d’action investis, montrent que ces mobilisations de « victimes » sont à la fois des luttes « pour » et des luttes « contre ». Les théories de la reconnaissance permettent en effet de penser ces mobilisations comme des demandes d’égalité mais aussi de visibilité sociale et politique. La demande fondamentale de ces acteurs mobilisés en tant que « racisés » est la reconnaissance de leur appartenance pleine et entière au corps national et le droit à une représentation politique et sociale en son sein – dans les institutions politiques mais aussi dans le récit historiographique de la nation.

Résumé / Abstract : This dissertation is based on comparative fieldwork in France and Germany. Its objective is to understand why and how mobilization of « victims of racism » comes to the fore in « antiracist » societies, defined here as societies which have implemented policies to fight racism and racial discrimination since the end of the Second World War. The thesis analyses the process of politicization visible in the contentious actions of « racialized people ». These are actors who unite by virtue of shared phenotype or immigrant origins and based on a shared experienced of racism. The figure of the « victim » is conceived of by using a constructivist approach, that is, the production of a status of « victim of racism » by the actors and the different ways by which they strive to become politically relevant victims in order to assert their claims. Their constitution of « racialized » collective identities, their actions in the social movements space – and in some cases in the partisan political field – and their repertoires of collective actions reveal that this « victims » mobilization is both a struggle « against » and a struggle « for ». Specifically, the theories of recognition enable us to analyse claims not only as equality claims but also as claims for social and political visibility. The fundamental demand of these actors who are mobilizing as « racialized » is that they be considered legitimate members of the national body and that they attain rights of political and social representation. This includes access not only to key political institutions but also entry into the historiographic narrative of the nation.