Le texte et le lieu du spectacle de La Plume au Mur. Stéphane Mallarmé parmi les avant-gardes / Diana Schiau-Botea ; sous la direction de Catherine Naugrette-Christophe et de Mary Lewis Shaw

Date :

Type : Livre / Book

Type : Thèse / Thesis

Langue / Language : français / French

Mallarmé -- Stéphane -- 1842-1898

Avant-garde (esthétique) -- France -- Paris (France) -- 1870-1914

Théâtre expérimental -- France -- 1870-1914

Cabarets -- France -- Paris (France) -- 1870-1914

Vie artistique -- France -- Paris (France) -- 1870-1914

Littérature -- Périodiques -- France -- Paris (France) -- 1870-1914

Naugrette-Christophe, Catherine (Directeur de thèse / thesis advisor)

Shaw, Mary Lewis (Directeur de thèse / thesis advisor)

Declercq, Gilles (Président du jury de soutenance / praeses)

Kaufmann, Vincent (1955-....) (Membre du jury / opponent)

Schilling, Derek (Membre du jury / opponent)

Université de la Sorbonne Nouvelle (Paris) (Organisme de soutenance / degree-grantor)

Rutgers university (N.J.) (Organisme de cotutelle / degree co-grantor)

École doctorale Arts et médias (Paris) (Ecole doctorale associée à la thèse / doctoral school)

Institut de recherches en études théâtrales (Paris) (Laboratoire associé à la thèse / thesis associated laboratory)

Résumé / Abstract : Comme l’a montré récemment Peter Sloterdijk, l’avènement du système médiatique remet profondément en cause le modèle humaniste du livre comme lettre créatrice d’amitié. Les citoyens ne s’identifient plus à des valeurs communes grâce à des lectures canoniques. C’est pourquoi, à la fin du XIXe siècle déjà, les hommes de lettres vont chercher des modalités nouvelles de réduire la distance qui les sépare du public. Cette thèse examine et compare quatre journaux ou revues artistiques différentes – L’Hydropathe, Le Chat Noir, La Plume et Le Mur – dont les créateurs organisent des soirées littéraires publiques ou des spectacles de projection – théâtre d’ombres – dans des lieux qu’ils aménagent dans ce but : des cafés, des petites salles intimes du Quartier Latin, des cabarets à Montmartre. Les étudiants nomades se fixent et à cela va correspondre un investissement progressif aussi bien de l’espace théâtral que de l’espace textuel. On sera pourtant étonné de découvrir des préoccupations similaires, chez un auteur retiré, qui ne prenait pas volontiers la parole en public. Stéphane Mallarmé est un écrivain, comme dit Jacques Rancière, « infiniment attentif à son temps ». On remarquera ainsi que Mallarmé et les avant-gardes étudiées créent des spectacles démocratiques qui s’efforcent de rendre compte des contradictions irréductibles du monde moderne. On imaginera avec un certain plaisir, certes indissociable de l’humour, de la fête et du carnaval, les communautés auxquelles les mises en scène de l’écriture fragmentaire et du support artistique nous invitent visiblement à rêver.

Résumé / Abstract : As Peter Sloterdijk writes, the development of mass media such as lowcost popular newspapers challenges radically the humanist conception of the book as letter generating friendship. Citizens of the newborn republic can no longer share the same values thanks to canonical, national, or universal readings. At the end of the 19th century, for that reason, journalists and writers attempt to create new opportunities which allow them to abolish the distance and meet their public. This dissertation examines and compares four different artistic journals – L’Hydropathe, Le Chat Noir, La Plume et Le Mur – whose creators organize literary gatherings or shadow theater shows in different venues designed for this purpose : cafés, small auditoriums in the Latin Quarter, and cabarets in Montmartre. Nomad students « settle down », create new texts, and decorate the walls, and this work becomes a very important part of their identity. However, one will be surprised to discover similar concerns in the work of a solitary writer, who did not particularly like to speak in public. Stéphane Mallarmé is indeed a writer, as Jacques Rancière says, « infinitely aware of his time ». We shall see that both Mallarmé and the avant-gardes studied in this dissertation produce democratic performances which atttempt to transpose the irreducible contradictions of modern times into exemplary figures. In a joyful, carnivalesque way mostly, the staging of fragmentary writing and of artistic frames invites us visibly to imagine communities.