Silence des affects chez des enfants présentant des troubles dysorthographiques / Jean-Luc Bernabé ; sous la direction de Solange Carton

Date :

Type : Livre / Book

Type : Thèse / Thesis

Langue / Language : français / French

Dysorthographie

Écriture -- Enfants

Affect (psychologie) -- Enfants

Refoulement (psychologie)

Maladies psychosomatiques -- Chez l'enfant

Libido -- Enfants

Carton, Solange (19..-....) (Directeur de thèse / thesis advisor)

Pirlot, Gérard (Président du jury de soutenance / praeses)

Cohen de Lara, Aline (Rapporteur de la thèse / thesis reporter)

Konicheckis, Alberto (Rapporteur de la thèse / thesis reporter)

Dessons, Marie (1975-....) (Membre du jury / opponent)

Université Paul Valéry (Montpellier) (Organisme de soutenance / degree-grantor)

École doctorale 60, Territoires, Temps, Sociétés et Développement (Montpellier ; ....-2014) (Ecole doctorale associée à la thèse / doctoral school)

Résumé / Abstract : La dysorthographie est considérée en psychiatrie comme un trouble spécifique des apprentissages. Les découvertes neuropsychologiques de la place des émotions dans les apprentissages confirment une idée soutenue par l’approche psychopathologique psychanalytique selon laquelle le développement cognitif ne peut être dissocié du développement affectif. Notre recherche a porté sur le silence des affects repéré chez certains enfants présentant ce trouble dans notre pratique clinique, émettant l’hypothèse d’une logique psychosomatique sous-tendant ce symptôme. L’analyse du CAT d’un groupe de vingt enfants et l’analyse de la thérapie d’une enfant de neuf ans ont permis de mettre en évidence une répression majeure des affects, une restriction de l’expression fantasmatique, une prévalence des agirs et des sensations en lien avec un attachement fort au perçu. La présence de ces éléments laisse envisager que dans ces cas, le symptôme dysorthographique peut témoigner de l’action de défenses de type opératoire et ne constitue pas un symptôme psychonévrotique exprimant un conflit symbolique. Au-delà de l’hétérogénéité du fonctionnement psychique de ces enfants, l’existence de telles constantes cliniques nous conduit à établir un parallèle entre le symptôme dysorthographique et un symptôme psychosomatique. Ceci ne le laisse cependant pas dépourvu de sens, que nous avons tenté de rechercher à travers l’analyse des mouvements transféro-contre-transférentiels de la thérapie de Jeanne. Nous avons ainsi été amené à proposer l’hypothèse d’un défaut de subversion libidinale à l’origine d’un maintien dans une écriture purement fonctionnelle et mécanique chez certains patients dysorthographiques.

Résumé / Abstract : The spelling disorder is considered in psychiatry as a specific learning disorder. The recent neuropsychological discoveries of the role of emotions in the learning process confirm the idea, supported by the psychopathologic psychoanalytical approach, according to which the cognitive development cannot be separated from the emotional one. Our research concerned the silence of affects which we had already found with children presenting this specific disorder in our clinical practice ; therefore making us utter the hypothesis of a psychosomatic logic underlying the symptom of spelling disorder. The analysis of a projective test, the CAT, for a group of twenty children and the analysis of Jeanne’s therapy, a child presenting this disorder, highlighted a main repression of affects, a limitation of the fantasmatic expression, prevalency of acts and feelings linked to a very strong importance put on perceptions. These aspects lead us to consider that in those cases, the spelling disorder syptom may be the result of operating defenses but is not necessarily a psychonevrotic symptom expressing a symbolic conflict. Beyond the variety of psychic process of these children, the presence of such steady clinical aspects, leads us to establish a link between the spelling disorder symptom and the psychosomatic symptom. We tried to find a reason for it through the analysis of the transfert movements in Jeanne’s therapy. This brought us to utter the hypothesis of a lack of libidinal subversion leading some patients with spelling disorders to remain in a purely functional and mechanical writing.