Les scènes de bataille rangée dans le cinéma hollywoodien contemporain (1995-2011) : Formatage et renouvellement d’une séquence stratégique / Gaspard Delon ; [sous la dir. de] Laurence Schifano [et la co-direction de] Jean-Loup Bourget

Date :

Editeur / Publisher : [S.l.] : [s.n.] , 2011

Type : Livre / Book

Type : Thèse / Thesis

Langue / Language : français / French

Catalogue Worldcat

Cinéma -- 1990-....

Batailles -- Au cinéma

Guerres et batailles imaginaires

Cinéma -- États-Unis

Schifano, Laurence (1947-....) (Directeur de thèse / thesis advisor)

Bourget, Jean-Loup (1944-....) (Directeur de thèse / thesis advisor)

Université Paris Nanterre (Organisme de soutenance / degree-grantor)

École doctorale Lettres, langues, spectacles (Nanterre) (Ecole doctorale associée à la thèse / doctoral school)

Résumé / Abstract : La banalisation de la scène de bataille rangée dans le cinéma hollywoodien contemporain accompagne le redressement de l’épopée historique, convalescente depuis les années 1960 mais revivifiée par les succès de « Braveheart » puis « Gladiator », ainsi que le développement du film de fantasy dans le sillage de « The Lord of the Rings ». La production de cette scène de genre, circonscrite mais remarquablement régulière entre 1999 et 2011, participe de la stratégie commerciale du blockbuster en visant un public large et international, et donne lieu à de nombreuses imitations dans les sphères voisines du paysage médiatique. Œuvre collective, elle combine savoir-faire technique traditionnel et recours croissant aux sociétés d’effets visuels, qui en font un terrain d’expérimentation privilégié et l’objet d’une lutte concurrentielle. La représentation des combats, qui tente de s’inscrire dans une prestigieuse tradition historique et artistique tout en se conformant aux normes du film d’action, s’appuie sur des stéréotypes formels et narratifs à l’origine d’un jeu de surenchère et de variation typique des mécanismes du formatage et de l’invention hollywoodiens. Entremêlant le récit et le spectaculaire, la scène de bataille est porteuse, pour le spectateur, de plaisirs et de sensations spécifiques. Limitée par l’ampleur et le réalisme des combats, l’héroïsation individuelle s’y articule avec une représentation de la collectivité en action et une mise à l’épreuve des certitudes bellicistes. Présumées routinières, répétitives, académiques ou idéologiquement conservatrices, les scènes de bataille rangée se révèlent ainsi porteuses d’une irréductible complexité esthétique et discursive

Résumé / Abstract : The fact that the pitched battle scene has become commonplace in contemporary Hollywood cinema goes together with the recovery of the historical epic, which had been convalescent since the 1960’s until revived by the success of “Braveheart” and “Gladiator”, and with the development of the fantasy film in the wake of “The Lord of the Rings”. The production of this genre scene, which, albeit limited, remained remarkably regular between 1999 and 2011, partakes in the commercial strategy of the blockbuster by targeting a wide and international audience, and gives rise to numerous imitations in related spheres of the media scene. A collective work, it combines the traditional technical expertise with an increasing participation from visual effects companies, which makes this scene a valued ground for experimentation, and the core of a competitive struggle. The representation of battles, which endeavors to live up to a prestigious historical and artistic tradition while conforming to the standards of the actioner, leans on formal as well as narrative stereotypes, causing a game of outdoing and varying, typical of the Hollywoodian formatting and invention mechanisms. By intermingling the narrative and the spectacular, the battle scene gives the audience specific pleasures and sensations. Although limited by the large scale and the realism of the fights, it links the representation of individual heroism together with that of the community in action, questioning the certainties of the warmongering. Presumed to be routine, repetitive, academic or ideologically conservative, pitched battle scenes thus prove to carry an irreducible esthetic and discursive complexity.