Influence des activités anthropiques sur la végétation du Mont Oku (Cameroun) / Marie Caroline Momo Solefack ; [sous la direction des] Professeur Guillaume Decocq et Docteur Olivier Chabrerie

Date :

Editeur / Publisher : [S.l.] : [s.n.] , 2009

Type : Livre / Book

Type : Thèse / Thesis

Langue / Language : français / French

Catalogue Worldcat

Utilisation du sol

Systèmes d'information géographique

Images de télédétection

Associations végétales

Déboisement

Montagnes -- Cameroun

Decocq, Guillaume (Directeur de thèse / thesis advisor)

Chabrerie, Olivier (1976-....) (Directeur de thèse / thesis advisor)

Université de Picardie Jules Verne (Organisme de soutenance / degree-grantor)

Résumé / Abstract : Le mont Oku au nord-ouest du Cameroun comporte l’un des plus vastes vestiges de forêt d’altitude d'Afrique centrale et fait partie de l’un des « points chauds » de biodiversité de la planète, aujourd’hui menacé de disparition. L’objectif de cette étude est de quantifier les changements d’occupation du sol sur le mont Oku au cours des quatre dernières décennies et de décrire les variations de composition et de richesse spécifique végétales le long d’un gradient altitudinal, puis de lier ces variations aux paramètres environnementaux. Pour cela, nous avons comparé les occupations du sol estimées par les images satellites Landsat de 1978, 1988 et 2001. Puis cent deux relevés floristiques ont été disposés aléatoirement dans différentes formations végétales forestières accessibles le long d’un gradient altitudinal s’étalant de 1 800 m à 2749 m. Il ressort de ces études que, malgré la protection naturelle qu’offrent l’altitude et la pente, le couvert forestier n’a cessé de décroître, perdant 62,1% de sa surface entre 1978 et 2001, ce qui correspond à un déboisement de 579 ha.an-1 en moyenne. Les surfaces déboisées ont été continuellement remplacées par des cultures ou des savanes, sans qu’il y ait recolonisation par des forêts secondaires. Notre étude montre également qu’il est difficile de démêler les effets de l’altitude et des activités humaines sur la végétation, parce que ces deux facteurs sont inextricablement liés et forment un seul gradient à effets antagonistes à ses extrémités. Les activités humaines déstructurent les communautés végétales, majoritairement secondaires sur le site. Même les forêts les plus anciennes contiennent des espèces indicatrices de la présence humaine (liée au pâturage, aux feux ou aux cultures passées). Certains assemblages d’espèces pionnières sont floristiquement très hétérogènes et leur distribution altitudinale s’est élargie.

Résumé / Abstract : Mount Oku, situated in north-west Cameroon, supports the largest remnants of the Central African montane forest habitat, which is considered as a biodiversity hotspot, hence is undergoing strong species loss. Our objective was to quantify changes in the land cover of Mount Oku over the last four decades, in order to assess the causes of forest regression and to evaluate the future of the forest on this site. We also describe a variation in plant species composition and richness along an altitudinal gradient, that were subsequently linked to environmental changes. For this purpose, we compared changes in land cover, using Landsat satellite images acquired in 1978, 1988 and 2001. Then 102 sample plots were randomly set up in forest fragments along an altitudinal gradient ranging from 1800 m to 2749 m. Although remnant forests were naturally protected by elevation and slope, they lost 62.1% of their area between 1978 and 2001, corresponding to a mean deforestation rate of 579 ha.year-1. Deforested lands have been replaced by crops or savanna, while few secondary forest recolonizations occurred. New farmland has extended rapidly to fulfill the demands of an increasing population density. Our study also revealed that it is difficult to disentangle the effects of altitude and human activities on vegetation because these two factors are inextricably linked and form a single gradient with antagonistic effects at the extremes. Human activities and natural vegetation belts were organized with respect to the altitudinal gradient: the summit of Mount Oku supported the largest, oldest forest fragments; while areas of low altitude have experienced intense deforestation to provide agricultural land and supported disturbance-related plant communities. However, human activities altered plant assemblages. Even old-growth forests contained species indicative of human presence (due to grazing, fire or former cultivation). Some pioneer species assemblages were very heterogeneous and their altitudinal distribution has spread.