La désignation et la notion de seconde personne : étude chez l'adulte sain et cérébro-lésé / Laurent Cleret de Langavant ; sous la direction de Anne-Catherine Bachoud-Lévi

Date :

Type : Livre / Book

Type : Thèse / Thesis

Langue / Language : français / French

Perception sociale

Neuropsychologie

Psychophysique

Sciences cognitives

Bachoud-Lévi, Anne-Catherine (19..-.... ; neurologue) (Directeur de thèse / thesis advisor)

Berthoz, Alain (1939-....) (Président du jury de soutenance / praeses)

Démonet, Jean-François (19..-....) (Rapporteur de la thèse / thesis reporter)

Gelder, Beatrice de (1944-...) (Rapporteur de la thèse / thesis reporter)

Dupoux, Emmanuel (1964-....) (Membre du jury / opponent)

Cesaro, Pierre (1951-....) (Membre du jury / opponent)

Université Paris-Est (2007-2015) (Organisme de soutenance / degree-grantor)

École doctorale Sciences de la Vie et de la Santé (Créteil ; 2000-....) (Ecole doctorale associée à la thèse / doctoral school)

Institut Mondor de Recherche Biomédicale (Créteil) (Laboratoire associé à la thèse / thesis associated laboratory)

Résumé / Abstract : La désignation est le geste de montrer un objet à une autre personne. La structure de la désignation est similaire à celle du discours verbal : la première personne « je » communique avec la seconde personne « tu » à propos de l'objet « il ». A partir de la description neuropsychologique d'un trouble acquis de la désignation, l'hétérotopagnosie ou incapacité à désigner le corps d'autrui, nous jetons les bases d'un nouveau modèle de la désignation impliquant la notion de seconde personne « tu ». Nous proposons et validons l'hypothèse que toute désignation implique de se représenter le point de vue de l'interlocuteur « tu » grâce à un référentiel hétérocentré. De plus, chez les patients hétérotopagnosiques comme chez les volontaires sains, désigner le corps d'autrui est plus difficile que désigner les objets. Nous expliquons ce phénomène par le fait que seul le corps humain vivant peut être à la fois sujet de communication et objet de communication. Poursuivant notre investigation sur la notion de seconde personne, nous montrons chez une patiente et chez les sujets sains que le corps des femmes est également plus difficile à désigner que celui des hommes. Les femmes seraient plus facilement considérées comme des sujets que les hommes. Enfin, nous avons recherché comment l'humain percevait la désignation réalisée par autrui comme témoignant d'une intention de communication à propos d'un objet. L'engagement dans une relation avec la seconde personne « tu » est nécessaire à cette compréhension. Au total, cette thèse apporte les premiers éléments expérimentaux sur les mécanismes de la relation de communication avec la seconde personne « tu ».

Résumé / Abstract : Pointing is used to communicate about an object with another person. This skill has a triadic structure similar to speech: the first person “I” communicate with the second person “you” about an object of interest “it”. From the neuropsychological description of an acquired deficit in pointing, heterotopagnosia which is the inability to point at another person's body parts, we build a new cognitive model involving the notion of a second person to explain pointing behaviour. We bring experimental evidence that pointing requires taking the addressee's perspective through the elaboration of a heterocentric reference frame. Furthermore, we show that in heterotopagnosic patients and in healthy subjects pointing at another person's body is more difficult than pointing at objects. We hypothesize that it is because only the living human body of other can be a subject to communicate with and an object to communicate about. In addition, we show that heterotopagnosic patients and healthy subjects find it more difficult to point at female body parts than at male ones, perhaps because women are more easily considered as subjects. Finally, we explore the behavioural and neural bases of the perception of pointing. We confirm that the relationship with the second person is necessary to understand the communicative intention of the addressee about the object. As a whole, this work provides the first cognitive and neural evidence for the notion of a second person in the brain.