Trajectoire historique du communisme vietnamien : transfert et appropriation des modèles soviétique et chinois (1919-1991) / Céline Marangé ; thèse dirigée par le professeur Dominique Colas

Date :

Editeur / Publisher : [S.l.] : [s.n.] , 2010

Type : Livre / Book

Type : Thèse / Thesis

Langue / Language : français / French

Catalogue Worldcat

Parti communiste vietnamien -- 20e siècle

Communisme -- Vietnam -- 20e siècle

Nationalisme et communisme -- Vietnam -- 20e siècle

Relations extérieures -- URSS -- Vietnam -- 20e siècle

Relations extérieures -- Chine -- Vietnam -- 20e siècle

Relations extérieures -- Vietnam -- URSS -- 20e siècle

Relations extérieures -- Vietnam -- Chine -- 20e siècle

Colas, Dominique (1944-....) (Directeur de thèse / thesis advisor)

Institut d'études politiques (Paris) (Organisme de soutenance / degree-grantor)

Relation : Trajectoire historique du communisme vietnamien : transfert et appropriation des modèles soviétique et chinois (1919-1991) / Céline Marangé / Villeneuve d'Asq : ANRT, Université de Lille 3 , [2011]

Résumé / Abstract : Cette thèse porte sur la formation socio-historique d’un régime de parti-État socialiste dans un pays anciennement colonisé : le Vietnam. Pour saisir les spécificités du communisme vietnamien, nous étudions les vecteurs de diffusion de l’idéologie communiste, le poids de l’anticolonialisme et de la guerre, les formes d’influence exercées par les dirigeants soviétiques et chinois entre 1919 et 1991, ainsi que les processus d’appropriation et de résistance auxquels cette nouvelle forme de domination donna lieu. Notre enquête s’appuie sur des documents d’archives russes, chinois, américains et français et sur des sources imprimées en vietnamien. Il en ressort que les communistes vietnamiens s’inspirèrent continûment des modèles soviétiques et chinois, quel que fût l’état de leurs relations avec Moscou et Pékin. Les transferts observés résultent, pour l’essentiel, non de la contrainte – parfois déterminante –, mais d’un désir permanent d’imitation. Par son organisation et ses modes de gouvernement, le parti-Etat vietnamien se distingue peu des modèles soviétique et chinois. Sa ressemblance s’explique avant tout par la fidélité des communistes vietnamiens au modèle léniniste, ainsi que par la rigidité doctrinale et le caractère pratique de l’idéologie communiste. Les communistes vietnamiens affirmèrent une spécificité dans le domaine de la construction nationale. Si leurs politiques d’homogénéisation ethnique et de gestion du territoire rappellent les pratiques soviétiques et chinoises, la volonté de créer un État supranational et la refonte du discours historique marquent aussi la persistance de schèmes de domination et de formes de racisme hérités de la période coloniale.

Résumé / Abstract : This thesis deals with the socio-historical formation of a socialist single-party state in a formerly colonized country: Vietnam. In order to grasp the specificity of Vietnamese communism, we study the agents of the communist ideology diffusion, the impact of anti-colonialism and war, the various forms of influence exercised by the Soviet and the Chinese communists between 1919 and 1991, as well as the processes of appropriation and resistance caused by this new form of domination. Our inquiry relies on various Russian, Chinese, American and French archival documents, and on a large array of printed sources in Vietnamese. It shows that, no matter the state of their relations with Moscow and Beijing, the Vietnamese communists continuously drew their inspiration from the Soviet and Chinese models. Though the observed transfers were born out of constraint at two founding moments, they resulted mostly from a permanent inclination to mimic. The Vietnamese party-state differs little from the Soviet and the Chinese models in its organization and its modes of governance. Its resemblance is mainly due to the Vietnamese communists’ fidelity to the Leninist model, as well as to the doctrinal rigidity and practical nature of the communist ideology. However, there is one domain in which the Vietnamese communists asserted specificity: the nation-building process. If their policies of ethnic homogenization and territorial administration are reminiscent of the Soviet and Chinese practices, their willingness to create a supra-national state and to recast the historical discourse also signals the persistence of some domination schemes and forms of racism, inherited from the colonial period.