Bossuet et Saint Augustin d'après les Oeuvres oratoires / David Dupire ; sous la dir. de Gérard Ferreyrolles

Date :

Editeur / Publisher : S.l. : s.n. , 2003

Format : 1 vol. (634 p.)

Type : Livre / Book

Type : Thèse / Thesis

Langue / Language : français / French

Catalogue Worldcat

Bossuet -- Jacques Bénigne -- 1627-1704 -- Critique et interprétation

Bossuet -- Jacques Bénigne -- 1627-1704 -- Sources

Augustin -- saint -- 0354-0430 -- Influence

Ferreyrolles, Gérard (Directeur de thèse / thesis advisor)

Université Paris-Sorbonne (1970-2017) (Organisme de soutenance / degree-grantor)

Résumé / Abstract : Sonder l'augustinisme de Bossuet en chaire, c'est d'abord déterminer l'influence, chez lui, des idées oratoires du de Doctrina christiana. Pour exprimer la Vérité révélée, l'éloquence des Anciens ne suffit plus. Pour convertir l'auditeur, l'effort du philosophe cède la première place, par la prière, à la Sagesse en personne, seul objet délectable, qui éclaire la Bible - les " lieux " ne relèvent plus du vraisemblable - et fait sa servante de la beauté cicéronienne, jusqu'à parfois en sacrifier la pureté. Bossuet reçoit cette réflexion, qui fonde l'humanisme tridentin, mettant l'accent sur la véhémence et imitant à l'occasion le prédicateur d'Hippone - qui recommande de s'imprégner des auteurs inspirés -, mais oscillant entre primitivisme et néo-cicéronisme. La culture rencontre l'Indicible : il faut parler d'un dialogue entre la créature et son Sauveur. On passe à la théorie augustinienne de la Justification. Bossuet offre d'y découvrir, d'abord, que le fils exilé d'Adam, pleinement responsable, peut, ne serait-ce que par son libre arbitre, resté intact, persévérer à combattre les convoitises, qui cherchent le Repos où il n'est pas. Or, la corruption de son agir est telle que pour réaliser les dons ordinaires il faut la grâce efficace, qui, parce qu'elle est délectable, motive infailliblement un acquiescement vrai, et qui suppose la prédestination de quelques-uns - qui ne pousse pas aux péchés ni n'empêche l'universelle Rédemption. La crainte n'a donc pas le dernier mot. Qui décide d'implorer ne perdra pas sa récompense : la Gratuité précède le moindre mérite et ne Se refuse rien. D'autres secours se succéderont, à moins d'un refus. L'être persévérera, signe qu'un jour la suprême grâce l'aura rejoint, qu'il est un élu. Bossuet et son maître s'arrêtent là : les libertés divine et humaine se rejoignent au-delà du langage.

Résumé / Abstract : Firstly we must examine the influence of the rhetorical theory from saint Augustine's de Doctrina christiana. No longer does the eloquence of the Ancients suffice for explaining the truth of Revelation. Philosophy must give way through prayer to Divine Wisdom as a desireable object in order to convert the listener - this Wisdom enlightens the Bible (ideas no longer come from appearances) and makes ciceronian beauty into a servant, even to sacrificing its purity. Bossuet takes this fundamental humanistic notion in its tridentine sense, and places the accent on vehemence, sometimes imitating the praecher of Hippo - who recommends that one plunge into the inspired authors -, while wavering between a more primitive and a more ciceronian style. Culture and the Unapproachable meet : call it a dialogue between creatures and their Savior, and thus we pass to the Augustinian doctrine of Justification. Bossuet shows us in the first place that Adam's exiled children, in full responsability (through free will, retained intact after the fall), can persevere in the battle against all evil desire, which tries to find rest where it cannot be found. And yet human corruption is such that efficient grace is needed to activate ordinary talents in our lives. This grace is an infallible agent, desireable in itself, that leads to a true acceptance, but supposes predestination of a restrained group, while not positing sins nor denying redemption for all, without exception. Fear of damnation, therefore, does not have the last word. Who ever seeks shall not lose the reward : the Free Gift comes before our least merit and adds to itself freely. And there will be other graces in a chain, unless we refuse them. The one (who receive) will persevere, and is a present sign that supreme grace will be given him, that he is one of the elect. Bossuet and his teacher go this far : divine liberty and human freedom are joined, beyond whatever we can say or understand in human language.