Modernité apocalyptique et engagement anti-nihiliste chez Günther Anders / Dagling Sonolet ; sous la dir. de Gilbert Merlio

Date :

Editeur / Publisher : [Lieu d'édition inconnu] : [éditeur inconnu] , 2000

Format : 549 p.

Type : Livre / Book

Type : Thèse / Thesis

Langue / Language : français / French

Catalogue Worldcat

Anders -- Günther -- 1902-1992 -- Critique et interprétation

Philosophie de la technique

Progrès -- Philosophie

Modernité

Merlio, Gilbert (1934-....) (Directeur de thèse / thesis advisor)

Université Paris-Sorbonne (1970-2017) (Organisme de soutenance / degree-grantor)

Résumé / Abstract : Relevant à la fois de l'ontologie existentiale heideggérienne et de l'aufklarung, la philosophie de la technique de Günther Anders (1902-1992) s'interroge sur les causes des catastrophes humaines au XXème siècle, dont Auschwitz et Hiroshima sont les paradigmes. L'anthropologie négative - apercevant la raison pour la sujétion de l'homme par la technique en le différentiel prométhéen, le clivage entre nos capacités de produire et d'imaginer - ainsi que l'intention pratique de sa philosophie, exercice d'anamnèse et de mise en garde face à la menace d'anéantissement, assurent à Anders une place à part dans la kulturkritik. Contrairement à Horkheimer et Adorno, il voit la raison pour la modernité technique moins dans la dialectique de la raison que dans la honte prométhéenne, la nature déficitaire de l'homme. A l'instar de Lukacs et Marcuse, Anders définit la modernité comme une condition de réification totale ; à l'encontre de Simmel, Jaspers et Habermas, il la détermine entièrement comme un rapport du sujet à l'objet et non en termes de relations interhumaines, ne discernant pas de possibilités valables d'action. L'affirmation que le nucléaire a inauguré l'ère terminale de l'histoire inscrit sa philosophie dans une perspective apocalyptique, où la technique, sujet de l'histoire, nous dicte un comportement actif-passif, médial, faisant de nous irrémédiablement des innocents coupables. Non seulement, cette explication risque de confondre bourreaux et victimes, mais Anders ne peut qu'opposer diamétralement un impératif éthique à la condition humaine définie comme moralement amorphe.