Croissance et cycle sexuel de deux espèces de Littorines (Mollusques : Gastéropodes, Prosobranches) : Littorina rudis (Maton) et Littorina nigrolineata (Gray) à Roscoff (Nord-Finistère) / Jean-Claude Moreteau

Date :

Type : Livre / Book

Type : Thèse / Thesis

Langue / Language : français / French

Langue / Language : anglais / English

Catalogue Worldcat

Mollusques

Gastéropodes

Université Paris-Sud (1970-2019) (Organisme de soutenance / degree-grantor)

Université de Paris-Sud. Faculté des sciences d'Orsay (Essonne) (Autre partenaire associé à la thèse / thesis associated third party)

Résumé / Abstract : Les problèmes posés par la systématique du genre Littorina sont liés au polychromatisme et au polymorphisme. Une étude critique de la proposition systématique la plus récente en liaison avec les propositions des travaux antérieurs et les facteurs du milieu fait l’objet de l’introduction. Par différentes techniques d’étude (marquage individuel, marquage de cohortes, évolution modale) les principales caractéristiques de la croissance des deux espèces, dans différentes condition hydrodynamiques sont étudiées. Le modèle retenu pour décrire la croissance est celui attribué à Von BERTALANFFY. D’autres modèles sont comparés à celui utilisé : des modèles à deux paramètres (VERHULST, GOMPERTZ) ou trois (NELDER). Ceux-ci, même s’ils présentent certains avantages théoriques, comportent une trop grande incertitude dans leur détermination pour les préférer au modèle simple utilisé. Chez les mâles, la maturation commence à l’âge de 11 mois, et la maturité dure jusqu’à 20 moins environ. Ensuite se succèdent des phases de régression et de maturité hivernale. Ce cycle sexuel conduit à la sénescence si les conditions hydrodynamiques (mode abrité) le permettent. Dans les stations de mode battu, le cycle sexuel ne s’exprime pas entièrement. Chez les femelles, la maturité intervient à 10 mois environ. Elle se poursuit par une phase de reproduction ovovivipare (gestation) à laquelle succède une période de régression. Ensuite, alternent des phases de maturité sans gestation et des phases de gestation. Il existe trois périodes préférentielles de ponte. Une en hiver, une en juin à laquelle fait suite une période de rétention des embryons durant l’Eté (conditions thermiques défavorables) ; il y a déblocage massif des pontes en octobre. Une à deux cohortes de femelles participent ensemble à la reproduction. L’étude de la croissance, des facteurs écologiques et des états sexuels indique que L.rudis se reproduit très probablement selon deux modes de reproduction (ovipare et ovovivipare, ce dernier mode étant prépondérant en Hiver) et que la description d’une nouvelle espèce (L.arcana) n’est pas nécessaire. Le taux de parasitisme varie selon la station. Le parasitisme entraîne des phénomènes de castration donc une diminution du potentiel reproducteur de l’espèce. Le taux de parasitisme augmente avec l’âge conformément à un modèle d’infestation contagieuse. Différents mécanismes assurant le maintien du potentiel reproducteur de la population sont envisagés, le plus probable serait un taux de mortalité juvénile diminuant avec la densité. Le taux mensuel de parasitisme semble croître graduellement entre octobre et septembre de l’année suivante. L’étude comparative des différentes modèles de croissance montre que le modèle le plus adapté est celui de Von BERTALANFFY. L’étude de la croissance et du cycle sexuel saisonnier des deux espèces, met en évidence le rôle primordial des facteurs du milieu dans la biologie de leurs populations. Ceci peut être considéré comme un mécanisme adaptatif pouvant aller jusqu’à une modification du mode de reproduction. Ce pouvoir adaptatif rend discutable certaines options systématiques actuelles tendant à décrire de nouvelles espèces à partir du seul mode de reproduction.