La mutation féodale, Xe-XIIe siècle / Jean-Pierre Poly,... , Éric Bournazel,..

Date :

Type : Livre / Book

Langue / Language : français / French

ISBN : 2-13-042978-5

Catalogue Worldcat

EAN : 9782130429784

Histoire médiévale

Féodalité -- France -- Moyen âge

Féodalité -- France -- Moyen âge -- Historiographie

Féodalité -- France -- Moyen âge -- Bibliographie

Conditions sociales -- France -- 987-1515

Conditions sociales -- France -- 987-1515 -- Historiographie

Conditions sociales -- France -- 987-1515 -- Bibliographie

Europe -- 476-1492

Europe -- 476-1492 -- Bibliographie

Europe -- 476-1492 -- Historiographie

Classification Dewey : 930

Collection : Nouvelle Clio : l'histoire et ses problèmes / fondée par Robert Boutruche et Paul Lemerle ; dir. par Jean Delumeau et Paul Lemerle / Paris : PUF , 1966-

Résumé / Abstract : Qu'est-ce que la féodalité ? Les historiens ont longtemps distingué les institutions féodales - qui s'étaient épanouies vers l'an mille pour décliner avec les progrès du pouvoir monarchique - et la société dite " féodale ", alors même que fief et vassalité n'y apparaissaient pas comme prédominants - l'accent étant alors mis sur la dislocation du pouvoir central et la constitution de la seigneurie. Pourtant, la généralisation du lien féodo-vassalique et l'établissement de la seigneurie banale sont les éléments d'une même mutation où achève de disparaître en Europe occidentale, au seuil de l'an mille, un très ancien mode de production. Ni l'esclavagisme antique, ni son succédané, la corvée carolingienne, n'avaient réussi à soumettre les communautés paysannes libres. Il fallut pour cela l'hypertrophie d'une structure, elle aussi très ancienne, celle des " maisons " guerrières érigées en innombrables et agressives chefferies de canton. La vieille société campagnarde presque partout se disloqua, et la paysannerie dut mettre sa force productive au service d'une nouvelle aristocratie. Les cavaliers qui brisèrent les résistances populaires n'étaient pas tous de noble lignage. Nombre d'entre eux étaient issus de la " koulakisation " progressive de la société campagnarde. Les liens féodo-vassaliques assurèrent la cohésion de la nouvelle classe dominante en formant sa structure juridique. Après sa victoire, loin de " dégénérer ", ils devinrent la justification de son gouvernement. Ni plus ni moins imaginaire que le " Capital " ou l'" État prolétarien ", le Fief fut l'idée dominante de la société médiévale, fondant en droit une durable hiérarchie politique, allant même jusqu'à investir le geste de la prière chrétienne - mains jointes à genoux devant le Seigneur - ou les rapports amoureux - tant d'hommages désormais présentés aux dames, alors que leur rôle social allait se restreignant. Une pédagogie de la soumission, à l'origine d'un État construit non contre la féodalité, mais à partir d'elle.